Nintendo 64   B3313   Plateforme   2024  PAR Haganeren 



B3313

Support : N64 ( émulation )

Développeurs : Pas de nom de collectifs pour ces romhackers. ChrisRLillo est généralement présenté comme le grand chef de projet.

Date de sortie : 2024 (pour cette v1.0)
Genre : Platformer 3D



“Qu’est-ce que les liminal spaces ? Si vous êtes parvenu à éviter les 10000 vidéos sur le sujet voici ce que j’ai pu trouver : En gros ce terme désignait à l’origine les espaces de “transitions” dans lequel on ne reste pas, les gares ou les écoles par exemple mais aussi à l’origine des choses plus abstraites comme “l’adolescence” espace de transition entre l’enfance et l’étape adulte. Sur Internet bien sûr le terme est plus vaste, il s’agira généralement de lieux vides ou abandonnés qui peuvent paraître étranges, effrayants ou tout simplement surréaliste. Le château de Mario 64 étant à la fois vide et un espace de “transition” entre les différents mondes, il est souvent considéré comme un liminal space”
“Mario 64 a toujours eu une aura très particulière comme s' il cristallisait à lui tout seul cette époque qui me fascine tant où la 2D faisait la transition à la 3D. Un exemple réussi même si sur le moment Banjo Kazooie qui avait beaucoup plus de personnalité m’avait beaucoup plus plût. Mario 64 a installé une formule, celle de transformer le jeu de plateforme en jeu d’exploration avec la transition 3D et je le trouve exceptionnel pour ça ! mais c’est des jeux comme Banjo Tooie ou Donkey Kong 64 qui ont su bien d’avantage titiller ma soif d’explorations avec leur difficulté accrue. “
“L’idée de B3313 est venue de cette image qui circulait beaucoup sur Internet il y a 3 ans : l’iceberg de mario 64. Une image montrant tous les mystères du jeu des plus connus que chacun connait ( la statue “L is real” dans l'arrière-cour ) qui se trouve à la surface jusqu’aux légendes les plus obscures. Avec les années en effet, un phénomène très curieux s’est produit autour de Mario 64, qui plus que d’autres jeux même plus vieux comme Mario World, s’est mis a inspiré toute sorte de rumeurs et d’histoire horrifiques.”
 

Fétichisation de l’original

 
“Ce n’est pas spécialement quelque chose de spécifique à cette période du jeu vidéo. Des générations entières ont grandi avec Minecraft et ses rumeurs étranges ou même le mode zombie de Call of Duty dont les maps regorgeaient de mystère… Mais contrairement à eux nos générations n’avaient pas le support des créateurs qui pouvaient reconnaître nos recherches et proposer une update pleine de mystères pour y répondre. Eux étaient déjà parti ailleurs, faire Ocarina of Time, par exemple, puis la Gamecube… Et puis tout allait si vite en ce temps. Si Mario 64 était sorti en 1996, je n’y ai joué moi même qu’à partir de 2000 quelques temps avant la sortie de la Gamecube.”
Le château est vide et ses murs semblent faire résonner les cris absurdement joyeux de Mario
Les romhacks, c'est aussi vieux qu
J’ai longtemps évité les romhacks.
“Qu’est-ce que les liminal spaces ? Si vous êtes parvenu à éviter les 10000 vidéos sur le sujet voici ce que j’ai pu trouver : En gros ce terme désignait à l’origine les espaces de “transitions” dans lequel on ne reste pas, les gares ou les écoles par exemple mais aussi à l’origine des choses plus abstraites comme “l’adolescence” espace de transition entre l’enfance et l’étape adulte. Sur Internet bien sûr le terme est plus vaste, il s’agira généralement de lieux vides ou abandonnés qui peuvent paraître étranges, effrayants ou tout simplement surréaliste. Le château de Mario 64 étant à la fois vide et un espace de “transition” entre les différents mondes, il est souvent considéré comme un liminal space”
“Mario 64 a toujours eu une aura très particulière comme s' il cristallisait à lui tout seul cette époque qui me fascine tant où la 2D faisait la transition à la 3D. Un exemple réussi même si sur le moment Banjo Kazooie qui avait beaucoup plus de personnalité m’avait beaucoup plus plût. Mario 64 a installé une formule, celle de transformer le jeu de plateforme en jeu d’exploration avec la transition 3D et je le trouve exceptionnel pour ça ! mais c’est des jeux comme Banjo Tooie ou Donkey Kong 64 qui ont su bien d’avantage titiller ma soif d’explorations avec leur difficulté accrue. “
“L’idée de B3313 est venue de cette image qui circulait beaucoup sur Internet il y a 3 ans : l’iceberg de mario 64. Une image montrant tous les mystères du jeu des plus connus que chacun connait ( la statue “L is real” dans l'arrière-cour ) qui se trouve à la surface jusqu’aux légendes les plus obscures. Avec les années en effet, un phénomène très curieux s’est produit autour de Mario 64, qui plus que d’autres jeux même plus vieux comme Mario World, s’est mis a inspiré toute sorte de rumeurs et d’histoire horrifiques.”
 

Fétichisation de l’original

 
Ce n’est pas spécialement quelque chose de spécifique à cette période du jeu vidéo. Des générations entières ont grandi avec Minecraft et ses rumeurs étranges ou même le mode zombie de Call of Duty dont les maps regorgeaient de mystère… Mais contrairement à eux nos générations n’avaient pas le support des créateurs qui pouvaient reconnaître nos recherches et proposer une update pleine de mystères pour y répondre. Eux étaient déjà parti ailleurs, faire Ocarina of Time, par exemple, puis la Gamecube… Et puis tout allait si vite en ce temps. Si Mario 64 était sorti en 1996, je n’y ai joué moi même qu’à partir de 2000 quelques temps avant la sortie de la Gamecube.
Le château est vide et ses murs semblent faire résonner les cris absurdement joyeux de Mario
Les romhacks, c'est aussi vieux qu
J’ai longtemps évité les romhacks.




B3313 est un romhack de Mario 64, un jeu sorti en 1996 par Nintendo sur la Nintendo 64 et bien connu pour être l’un de ces jeux qui ont ouvert la voie à la troisième dimension. Le hack lui-même a été produit par un certain Chris qui, après un grand nombre de versions et de déboires sur lequel nous reviendrons, a finalement sorti sa version 1.0 après plusieurs années de travail. C’est un hack qui modifie intégralement le jeu, des niveaux aux mouvements de Mario en passant par sa voix. Contrairement à de nombreux hacks cependant l’idée n’est pas de recréer un platformer 3D dans la lignée que Mario 64 mais plutôt de faire subir un autre type d’expérience plus surréel.


Historical Hack

B3313 accueille son joueur avec un message qui semble terriblement éculé “WELCOME TO MARIO WONDERLAND, IF YOU ARE THE ADVENTUROUS SORT, PAY A VISIT TO THE CASTLE AHEAD” et c’est un peu bizarre que le jeu appelle directement le joueur comme ça.. Le message ne sort pas de l’imagination des développeurs cependant, comme l’indique un message que le joueur voit peut être par la suite : “THIS CASTLE IS EXCLUSIVE TO THE SHOW. IT'S CONNECTED TO A VARIETY OF WORLDS. SO OPEN THE DOORS AHEAD AND GET ADVENTURING!”. Un show ? On va y revenir.

Parce que effectivement le château de B3313 n’est pas celui qu’on connaît, il est légèrement différent avec le vitrail de Peach remplacé par... Ce symbole bizarre qu’on imagine être une pendule sans aiguille. Le lobby du château est pas beaucoup mieux avec une structure très similaire mais sans balcon supérieur, avec des textures plus sombres et des énormes marches au lieu de l’escalier qu’on connaît bien… Mais qu’est-ce que tout cela veut dire ?

Et bien tout simplement, B3313 est tout d’abord un bel hommage aux versions bêta de Mario 64 c'est-à-dire des versions du jeu qui ont existé avant la sortie de la version finale. A cette époque, en effet, on pouvait communiquer sur un jeu alors que l’on était au tout début du développement principalement parce que les projets mettaient moins de temps à se concrétiser. Cela signifie que les images partagées dans des magazines pouvaient être très différentes de celles que l’on verra éventuellement dans le jeu final. C’est ainsi un grand jeu pour toute communauté de ce genre de classique que de chasser ces images de versions primitives pour les comparer à ce qu’on connaît… Déjà parce que c’est intéressant de voir comment un jeu a évolué dans le temps mais aussi parce que c’est un petit plaisir de voir une version d’un jeu qu’on connaît bien “mais en un peu différent”. Comme si c’était une version d’un autre monde.

Et ça, vous verrez que c’est exactement le propos de B3313

Les premiers niveaux seront peu ou prou des reconstitutions des versions bétas de certains niveaux et B3313 ne prend pas ces maps de nulle part. Beaucoup proviennent de hacks tentant de restaurer ces fameux niveaux bêta en se basant sur des screenshots, ou des vidéos… Dont notamment les enregistrements de ce fameux salon “Shoshinkai” en 1995 qui montrait furent une grande source de documentation ! C’est pour ça que B3313 mentionne un show ! C’est une traduction du message qui s’affichait lors de cette fameuse démo dans un anglais un peu approximatif, comme si ce n’était pas la langue native de celui qui l’a écrit ce qui est un détail un peu sympa.

[Quand je vois al démo aujourd’hui, c’est comme si

Moi qui n’avait jamais eu l’occasion de tester ces maps “beta”, B3313 a été une excellente façon d’en faire l’expérience ! Les objectifs y sont similaires que ceux du jeu originel mais en plus simpliste, moins expliqués, plus grossier, c’est assez particulier en vrai. D’ailleurs Mario lui-même est reconstitué à partir de la bêta ! C'est à dire déjà une voix qui n’est pas celle bien aimé de Charles Martinet mais des “YAAH” “AH AH” stridents voir un peu désagréable que l’on entendait dans les vidéos de l’époque. Son moveset est également changé avec certains coups un peu obscurs qui ont disparu ( le slide kick ) et certains modifiés comme le troisième saut qui devient un saut toupie qui fait planer Mario… L’air de rien, faut s’habituer à tout ça !

Bref, même si vous êtes pas intéressé du tout par ce que B3313 propose ailleurs… Déjà, ça vaut le coup juste pour ça, juste pour voir ces maps étranges, familières et pourtant différentes qui viennent de l’histoire de Nintendo. Plus tard dans le jeu on aura même l’occasion de tester des maps de tests retrouvés dans le “GigaLeak” de Nintendo dans lequel on a retrouvé de nombreux éléments bêta de jeux bien aimés. Et ça, ça a enflammé l’imagination de bien des personnes !

Pourtant, rapidement vous verrez que le jeu est un peu plus bizarre que prévu…. Le niveau de l’eau que vous avez commencé à explorer ne serait pas un peu différent maintenant que vous êtes revenus ? Qu’est-ce que c’est que ce délire à l'arrière du château, depuis quand y’a un derrière ? Ou alors, pourquoi maintenant le lobby n’a plus qu’une porte et ça me fait parcourir un bob-omb battlefield plongé dans le noir ?

C’est là que le jeu commence vraiment.

Lost in content

Lorsqu’on se met à un peu explorer le jeu, on tombe sur des couloirs avec de multiples passages donnant sur un nouveau lobby avec genre six portes et en en choisissant une on tombe sur un autre couloir, dans le château, long avec une musique étrange, un tuyau sur le côté que l’on ignore pour finalement se retrouver dans un autre espace avec encore huits passages menant tous à des endroits totalements différents pour finalement trouver un tableau menant vers un monde super grand avec genre une étoile dedans… Le hack est MONSTRUEUX en termes de superficie, il n’arrête jamais de proposer de nouveaux lieux, de nouveaux endroits étranges à explorer.

Cela provoque un véritable sentiment de vertige. Lorsqu’on meurt, on semble aller dans un autre château. Lorsqu’on gagne une étoile, on peut parfois se retrouver dans un autre château encore et tous sont remplis de portes, de passages, de trous, de tuyaux qui amènent dans d’autres endroits tous plus mystérieux et pourtant étrangement familiers : des couloirs, des souterrains, des jardins mais surtout d’autres lobby, tellement, tellement d’autres lobby. Des petits, des creepys tout détruits, des joyeux, des très gros, des faux, des lobbys qui mènent à d’autres lobbys avec autant de mondes différents à visiter pour en récolter les étoiles.

Un monde de B3313 consistera à quelques exceptions près en une map simple rappelant d’une façon ou d’une autre le Mario 64 originel. Une version modifiée de la forteresse de Twomp où on en visite la prison. Un niveau simple de désert avec une pyramide double inversée, une version linéaire du manoir boo où il faut trouver des clés transportés par les Boos pour pouvoir progresser, une cité entière ressemblant un peu au monde trempée séchée que l’on finit par submerger ou même une fusion improbable entre le niveau de la montagne de glace et celui de la lave qui alterne régulièrement entre les deux versions. Ce ne sont que quelques misérables exemples de tout ce qu’il est possible de rencontrer et dans lequel l’objectif sera généralement de monter à l’endroit le plus haut pour trouver une étoile, récupérer 8 pièces rouges éparpillés dans le niveau ou alors 5 secrets qui font un peu sens thématiquement. ( détruire les 5 plantes piranhas, frapper à 5 portes, détruire 5 boites ) Ca parait assez compliqué comme ça mais le jeu est étonnamment pas trop salaud dans ses cachettes et c’est généralement pas trop un problème.

Après le jeu n’est jamais vraiment clair sur le nombre d’étoiles que possède chaque niveau et j’ai un peu le sentiment qu’il a été pensé comme ça. Les premières versions de B3313 ne disaient pas combien d’étoiles il y avait et les streamers se tiraient un peu la bourre pour voir qui en trouverait le plus… Mais c’était une époque où le hack avait quelque chose comme 150 étoiles, aujourd’hui il en a 450 ! En jouant sur romhacking.com on peut facilement obtenir un “star layout” permettant de voir le nom des niveaux ainsi que les étoiles à récupérer. Des fois je tenais à retrouver les niveaux en tapant des choses comme euh “bob-omb” “cascade” et voir s' il me restait des choses à y faire, d’autres fois je passais juste à autre chose tellement il y avait de choses à faire. Le jeu lui même aime te téléporter à un lobby en cas de victoire ou d’échec afin que tu ne restes pas dans le même niveau. A ce stade, j’ai décidé de commencer ma carte.

J’aime bien faire des cartes dans les jeux. Ça a commencé avec les donjons de Phantasy Star 1 puis j’en ai fait pour le premier Metroid, Ultima et bien sûr King’s Field qui fut un de mes grands favoris sur le sujet. Mais ici, c’est un challenge de taille qui m’attend, le jeu est si grand, si alambiqué que ma map finit par atteindre des proportions gigantesques avec pas moins de 22 layers sur mon logiciel de dessin… C’est à dire que régulièrement je pouvais tomber sur un des très nombreux couloirs que j’avais déjà visité et ne plus parvenir à retrouver où DIABLE je l’avais mappé ! Le jeu prenant en plus un certain plaisir à dupliquer les maps pour te faire croire que tu es déjà passé à un endroit alors que pas du tout !

A force de parcourir ce monde, je finis par découvrir ma première casquette “la casquette d'invisibilité” comme dans l’original ce qui me permet de passer à travers le grand miroir bien connu de l’original et trouver ce qu’il y a derrière… Un véritable rêve qui se réalise !... Et puis ça me permet aussi d’aller dans un des nombreux espaces emmurés du jeu et euh… Derrière y’a genre un Dark Mario qui vient me sauter à la gorge et ça fait crash le jeu… Ah…..

Et c’est pas la première fois qu’il y a ce genre de jumpscare en plus !


Mario’s Mass Consciousness

Les niveaux et les évènements de B3313 ne sortent en général pas de nulle part. Bien sûr les premiers viendront de la version béta mais les creepy pastas viennent aussi d'autres histoires, d'autres hacks. Le whomp fortress plongé dans le noir par exemple, avec plus de musique, le silence et la boite de dialogue qui devient de plus en plus simplifié… Bon bah ce petit moment d’angoisse un peu rigolo, je l’avais déjà vu dans un hack d’horreur nommé sm64.z64 où le joueur doit refaire le même objectif encore et encore mais toujours en plus inquiétant et à la fin on se fait attaquer par une entité démoniaque. Le jeu se relançait alors… Sans Mario… Dans la cour du chateau avec un message qui dit “Que tout est mieux sans toi”.

Y’a des choses qui marchent beaucoup dans ce hack, la répétition qui corrompt de plus en plus les mêmes décors. Décors qui ,encore une fois, sont bien connus et dans lequel il est facile d’avoir des souvenirs d’enfance. Bon, ça finit par une culpabilisation du joueur assez à la mode depuis Undertale mais en soi, c’était un hack parmi plein d’autres hacks et de fictions inventés autour du jeu.. Et B3313 en référence le plus possible. Autant qu’il le peut vraiment. Des tableaux qui me faisaient rêver quand j’étais petit que je pouvais passer à travers, dans B3313 je peux. Tout ce temps à vouloir passer derrière le miroir, dans B3313 je peux ( dans Mario 64 DS aussi techniquement mais je peux pas blairer cette version ). Jouer avec Luigi, oui, dans B3313 je peux bien sûr !

Beaucoup d’idées de lieux et de mondes sont pris directement de vidéos un peu creepy pasta où genre on fait semblant de filmer une VHS d’une version béta et où on voit genre Mario rentrer dans un niveau de glace inconnu alors que normalement c’est le désert. Tiens je comprenais pas pourquoi la cave sur le côté de cette grotte magenta chelou où on débloque la caquette de métal emmène à un couloir qui mène à un jumpscare… Bon bah ça aussi c’est une référence, une recréation d’une vidéo de Greeno ( aujourd’hui Annielogue ) nommée “Deeper Cavern”. Même des trucs qui me paraissait franchement réussi comme aller dans le trou du niveau de la caverne pour retomber sans transition à l’extérieur du château en fait c’était un hack qui existait déjà et qui s’appelait Dream64 ( pas de panique son auteur semble aussi avoir participé à B3313 )

[Retrouver Vanilla Lobby, entrer dans le basement en mode sombre, aller dans le courtyard, sauter dans la statue ce qui te fait tomber dans un AUTRE courtyard c’est vraiment trop bien ]

Faut dire qu’il a été produit à un moment où “l’iceberg de Mario 64” tournait. Ca consistait à référencer par un simple nom toutes les légendes urbaines et histoires dont l’auteur avait entendu parler ( quitte à en inventer sur le moment et rien dire à personne de ce que c’est, ils trouveront bien une histoire… ) et à les placer sur une image d’iceberg. Genre euh des trucs très connus comme “L is Real” ça va être tout en haut et les choses les plus mystérieuses, sombres et secrètes se retrouvent de plus en plus bas. Ça a donné une véritable frénésie aux vidéos de deux heures qui expliquent chaque histoire derrière les noms de l’iceberg ! Du pain béni pour B3313 qui veut référencer à tout ça !

Ça peut même aller très loin ! Genre dans un niveau de l’horloge, je marchais tranquillement à côté d’une pièce grise et là… “Boing”, hop me voilà propulsé de nulle part à l’étage supérieur ! Alors en fait ça référence un phénomène ultra curieux qui s’est produit durant un speedrun dans lequel on a vu Mario soudainement se téléporter à l’étage supérieur dans le monde de l’horloge. Beaucoup de gens ont cherché ce qui avait pu se passer ce jour là pour voir si c’était reproductible, il y a même 1000$ à la clé à celui qui trouverait l’explication mais tout ce qu’on sait c’est qu’on peut reproduire ce comportement en changeant “un” bit dans la RAM a un instant clé. L’explication admise est que la cartouche a mal été enfoncé et que ça a corrompu quelque chose mais certains vont jusqu’à dire que c’était carrément un rayon cosmique qui aurait pu changer ce bit… Vraiment tout une histoire de fou que j’avais adoré regarder et voir que ça AUSSI a été référencé c’est vraiment une attention au détail incroyable !

Parcourir l’immense dédale de B3313 procure un sentiment curieux. L’extrême diversité de ce qui est proposé donne un peu l’impression de visiter l’inconscient collectif de la communauté entière. Donc ben oui des creepypastas un peu débile, de mauvais souvenirs du jeu originel, des rumeurs, un zeste de speedrun, quelques challenges iconiques comme la course poursuite contre un champignon 1up qui te tue et même des trucs un peu débile genre le mec sombrero ! Tout est représenté !

[On parle souvent de B3313 pour ses moments horreurs mais en vrai il référence aussi des trucs bien obscurs genre cette vielle image avec un type qui a un sombrero…
Il parait débile comme ça mais ce serait un vrai personnage “test” du programme de la silicon graphics !]

Tout cela forme une énorme qualité à B3313 : Son énorme diversité car on sait jamais trop quel sera le prochain délire, la prochaine référence. En contrepartie, le jeu a le défaut de sa qualité et manque clairement de focus. Typiquement, vu qu’il reprend beaucoup d’histoires creepypastas du genre, il y a un niveau où on essaye de faire culpabiliser le joueur de submerger un village entier de bob omb pour arriver à ses fins sauf que… Ben pour rappel l’un des premiers truc que le jeu nous dit c’est “WELCOME DE MARIO WONDERLAND” en nous disant que ce château est exclusif au show. Il avait déjà détruit toute la vraisemblance de l’univers qui nous a été présenté, Mario 64, le vrai jeu, mettait déjà beaucoup de gens mal à l’aise avec son château qui semble à la fois être un lieu de vie et en même temps vraiment pas. B3313 amplifie encore plus ça avec son architecture inhumaine et dans lequel on pressent que rien n’est naturel et je trouve ça incroyable… Sauf qu’on peut pas faire ça et EN MÊME TEMPS me faire culpabiliser de tuer des ennemis dans le jeu vidéo.

En vrai même si c’est un petit reproche, le jeu s’en sort pas trop mal grâce à une histoire en particulier… Celle des “personalized copies”


L’IA et les souvenirs

C’était l’histoire la plus profonde de l’iceberg Mario 64 comme dirait Feldup. “Every copy is personalized”, toutes les cartouches de Mario 64 renfermeraient ainsi une IA qui personnalise chaque expérience de jeu en quelque chose d’unique. C’est pour ça que des fois, les gens n’ont pas les mêmes souvenirs par rapport à ce jeu et certains sont persuadés d’avoir vu des trucs que d’autres non… Un phénomène qui rappelle pas mal le “Mandela Effect”. Je ne vais pas rentrer dans les détails de l’histoire, mais ça parle d’une build secrète du 29 juillet 1995 où cette IA serait extrême et du coup celle du jeu final serait moins pire. Y’a même une interview de Miyamoto qui tente de parler en anglais où il te dit que “le jeu lui-même change toujours au fil de la partie du joueur”... Je suis à peu près sûr que c’est pas ça qu’il a voulu dire mais c’est vraiment le genre de petit ancrage dans la réalité dont on a besoin dans une bonne histoire.

B3313 se sert beaucoup de cette histoire puisqu’au fur et à mesure du jeu, des changements se feront sentir dans le jeu. Genre les ennemis et blocs se mettront à proposer des pièces bleus qui font mal au lieu de te soigner ce qui a dû être ma source principale de mort sans rire, les bob ombs se mettront à exploser instantanément à ton contact, le jeu se mettra à spawner plein de goombas là où tu vas et à la fin du jeu, certaines maps semblaient légèrement étiré pour donner une impression très dérangeante ! Je n’ai pas regardé comment tout cela fonctionnait mais j’ai quand même drôlement l’impression que ces changements interviennent lorsqu’on récupère une étoile rouge, une étoile généralement gardé par un boss et qui permet même d’unlocker certains mouvements comme le saut en longueur qui manque VRAIMENT en début d’aventure quand on est habitué à Mario 64. En tout cas, toutes ces idées donnent un coté un peu “instable” à B3313 qui renforce d’autant plus l’expérience.

[IA effect]

J’aime bien cette histoire quand même. Avant on utilisait plus des fantômes ou des démons pour hanter des cartouches de jeu mais là, une IA dont le boulot est de créer de nouveaux lieux, de nouvelles règles ça marche TERRIBLEMENT BIEN avec B3313. Genre y’a ce lieu vraiment chouette qui est un gros bazar d’assets coupé, de polygone mal découpé de géométrie dysfonctionnel.. Et bien ça, on peut se dire que c’est l’IA qui essayait de créer des niveaux pour la première fois et qui se foirait ? Et qui a aussi fait plein de copies d’un même niveau en un peu différent aux musiques de plus en plus distordues… Ou à fusionner plusieurs mondes ensemble comme ce niveau de désert avec des couloirs qui rappellent celui de la cave ! Son côté inhumain peut être visible à travers cette copie du niveau de l’aquarium qui n’a plus aucune pièce du coup le joueur sans échappatoire ne peut qu’y mourir… Dis comme ça, ça me rappelle un peu ce bon vieux I have no mouth and i must scream avec son IA qui torturait les derniers humains sur terre en remixant inlassablement leurs traumatismes pour qu’ils les revivent encore et encore. C’est un super pitch !

Et si B3313 était la manifestation d’un Mario 64 fantasmé, vidée de son essence et en même temps remplie des souvenirs et de la créativité de tonnes de personnes différentes. Et de cette matière première, on aurait foutu une IA pour qu'elle crée des niveaux débiles à l'infini et dont tout le drame est qu'il ne peut pas vraiment s'extirper de ce qu'il a appris de base. C’est des niveaux dont, à travers la nouveauté, on était toujours capable de percevoir que ce n’est qu’un ancien pas très bien caché ! On pourrait même étendre cette réflexion à la manière dont les idées foisonnent sur Internet, sont reprises, réinterprétées, réappropriées dans un mécanisme qui rappelle étonnamment la manière de fonctionner des IAs dont nous vivons la révolution en ce moment !

C’est en me faisant ces réflexions que j’ai enfin pu trouver la casquette ailée, celle qui permet à Mario de voler en ligne droite et aller globalement où il veut…. Je l’avais cherché si loin, derrière tant de lobby alors qu’en vrai elle était super proche dans un tuyau que j’avais ignoré d’un endroit que je connaissais très bien… Aaaaah… Car c’est bien cette casquette qui permet d’accéder au final du jeu. En fait euh… Non.. Enfin Peach m’a remercié mais ça m’a amené dans un chateau en noir et blanc ( une référence au brevet VRAIMENT déposé par Nintendo, ah non mais le lore va loin ) puis dans la “Star Road” avec de nouveaux niveaux pas si mal fait… Bon, je me suis dit que j’avais pas eu la bonne fin alors là, à 281 étoiles sur 450 tout de même. Je me décide à regarder la soluce.

Délire d’explorateur.

En soit, les étoiles suivantes m’ont pour beaucoup ramené dans des lieux que je connaissais déjà parce que j’avais loupé un truc, un niveau, une étoile. En soi y’a vraiment des trucs absolument INDEVINABLE mais c’est pas super grave, c’est pas un jeu qui est vraiment fait pour être fait à 100% de base et j’aurais pu aller à la vraie fin depuis ce moment là. Au contraire j’ai plutôt apprécier ce petit tour final dans toutes les zones de B3313, ces couloirs qui semblaient infini, j’en avais vu le bout, elles étaient quasi toutes mappés !

Bon pas TOUTES mappé puisqu’il me manquait 169 étoiles mais quasiment en vrai. Genre je regardais la liste des étoiles que je possédais, je prenais un nom de niveau que j’avais pas trouvé genre euh “athletic2” puis partait sur le wiki pour découvrir par où passer pour l’atteindre. Eux utilise forcément par les mêmes noms de zone que moi mais bon gré mal gré je finis par retrouver où est la zone sur la map et je peux planifier mon voyage. C’est juste super plaisant !

Parce que moi ce que j’aime dans les platformers 3D c’est surtout l’exploration. L'habileté de platforming c’est sympas bien sûr mais découvrir des mondes virtuels ça me fascine. C’est d’ailleurs ça qui fait que j’ai autant accroché à des jeux comme King’s Field ! Et que si j’aime bien aussi Dark Souls, les activités qu’il propose comme “créer un build puissant” ou “savoir se battre contre un méga boss en apprenant ses patterns” sont des activités que j’aime bien mais qui me fascine un peu moins… Même l’incroyable La Mulana qui propose une exploration inégalable ça demande quand même au joueur de savoir résoudre des puzzles pour avancer… Mais pas B3313. B3313 il te demande pas de savoir réfléchir, de savoir te battre ou de manager un inventaire, il te propose JUSTE de savoir te retrouver dans un labyrinthe non euclidien bizarre, JUSTE d’avancer ce qui lui a valu d’être beaucoup comparer à Yume Nikki, un jeu où on explore les rêves… Sauf que même là, B3313 bénéficie quand même de toute la maniabilité exemplaire de Mario 64 et permet un jeu plus fluide, plus fun tout en explorant ces liminal space virtuels.

C’est en recherchant les étoiles restantes que j’ai appris l’origine de beaucoup de mondes curieux que j’avais trouvé. Et finalement, alors que j’arrivais à 450, près à enfin en finir, j’ai pu aller me friter avec le dernier boss.. Bowser bien sûr. Même si B3313 se permet des trucs pas toujours très subtils comme l’anti mario qui fait crasher le jeu avec une musique stressante, faut lui reconnaître qu’il a l’humilité de pas inventer un combat un peu inapproprié devant une entité qu’il aurait inventé. B3313 parle avant tout de lui-même, de Mario 64, sans vraiment sortir de ça. Ça le différencie grandement à mes yeux d’un autre jeu similaire “myhouse.wad” qui lui parodie davantage Doom et qui a un univers propre…. Et ça le rend bizarrement similaire à Final Fantasy VII remake que j’accusais de ne plus parler que de lui même ! Mais B3313 est tellement créatif dans sa manière de le faire que je ne peux pas le trouver aussi cynique.

J’atteins enfin la “bonne” fin au bout d’un combat étonnamment épique et… Et bien… Euh.. C’est la même que la mauvaise non ? Je vais voir sur Youtube… Ah bah oui, c’était bien ça avec la Peach sans visage qui te dit que tu as ramené les étoiles… Bon…. Même pas un petit crédit à la fin ? Un petit crash ? En dessous les commentaires de la vidéo expriment des regrets, les versions d’avant aurait une fin plus approfondie ? Oh….

Sortie du Plexus, Retour à la réalité

B3313 a été une expérience incroyable pour moi, me prenant par les sentiments à travers un jeu que j’aime énormément, me proposant un gameplay d’exploration comme j’en avais jamais vécu avant et me faisant avoir des réflexions intéressantes sur le milieu… Mais le jeu n'est pas parfait, loin de là. Les gens de ce hacks ne sont pas des très très bon créateurs de niveaux en réalité ce qui marche ironiquement bien dans l’atmosphère du hack et le fait que ce ne soit jamais compliqué… Mais tout s’effondre lorsqu’on tombe sur des niveaux bizarrement trop difficiles ( un grand classique des romhacks en réalité ) qui fait que l’expérience devient frustrante…. Pire, certains niveaux nous refait spawner à l’autre bout du jeu ce qui fait que je peux passer plus de quatres minutes, quatre VRAIE minutes, j’ai chronométré, pour y retourner… Et ceci à chaque mort !

Pour cela un monde en particulier, l’horrible niveau Indy CGI dont l’idée de base est pourtant super marrante ! C’est une reproduction low poly d’une station silicon graphics sur lequel a été développé Mario 64. La mise en abîme est super ! Mais l’exécution est horrible avec tout le sol qui sont en fait des sables mouvants te tuant en un coup, les plateformes sont trop rapproché, hyper inconfortable à naviguer, le niveau trop grand, l’endroit par où passer très peu clair et demandant des compétences de jeu de plateforme largement au dessus de tout le reste du jeu et dans lequel la moindre mort te renvoie à 4 minutes de marche pour atteindre le niveau à nouveau… Bon bah là j’ai utilisé les sauvegardes rapides de l’émulateur je vais pas mentir, même si j’avais évité jusque là car l’un de mes gros regrets de B3313 c’est qu’il ne tourne pas sur ma VRAIE Nintendo 64 ce qui aurait été un kif monumental… Ben là même en sauvegardant tout le temps ce niveau était un ENFER avec pas moins de 3 étoiles à récupérer quand même ! Ce genre de faux pas, B3313 en a tout de même quelques-uns dans le jeu… Mais aussi dehors.

ChrisRLeo est le principal créateur du projet mais a collaboré avec de nombreuses personnes pour pouvoir développer un jeu aussi énorme. C’est aussi hélas une personne instable qui a brimé ou humilié les autres membres de son équipe pendant des années ce qui a été largement documenté par certains anciens membres de son équipe. Je ne doute pas que Chris lui-même soufre puisque son état de santé l’a conduit à abandonner le développement de B3313 alors qu’on approchait enfin de la fin. L’équipe restante, abandonnée, découvrant en plus individuellement qu’ils étaient pas les seuls à qui ce directeur créatif parlait mal décidèrent “d’au moins” sortir une version du projet intitulé “unabandonned” qui mettrait en avant leur travail dessus afin que B3313 ait une conclusion. Chris semble ne pas DU TOUT avoir aimé ça et c’est comme ça qu’il se motiva à créer la version 1.0 auquel j’ai joué depuis le début.

On pourrait se dire qu’il faut savoir séparer l'œuvre de l’artiste ce qui est déjà claqué comme opinion mais en plus ça ne marche pas vraiment ici.. En fait, dans la version 1.0, de nombreux dialogues un peu dérangeant ont été changés en référençant le mot “SHAME” ( “honte” ) ou des choses comme “WHAT HAVE YOU DONE SHAME” ( “Qu’as-tu/avez-vous fait ? Honte !” ). Chris lui même a beau dire que ça n’a a aucun rapport avec son histoire, personne n’est dupe et ce comportement un peu infantile nuit quand même au délire car ça te sort forcément du jeu… J’imagine que ça aussi c’est Mario 64…. Parait que son développement était super brutal et que beaucoup de ses développeurs ont arrêté le jeu vidéo après ça tellement c’était violent…. J’ai pas de preuve mais si c’est le cas B3313 aura vraiment tout recopié…

Bien sûr, blague à part, je souhaite à l’équipe de se rétablir de cette période difficile et de pouvoir regarder avec fierté le travail qu’ils ont accompli… Malheureusement dans le jeu vidéo, on ne peut souhaiter que ça.

Eternal Ending

Et voilà, je pense avoir tout dit sur B3313.

C’est un jeu pas si simple à apprécier puisqu’il est directement dirigé aux passionnés de la communauté Mario 64 qui sauront en voir tous les mystères. Il est également très facile de le considérer comme n’importe quel romhack souhaitant faire une expérience similaire à Mario 64 et trouver que… Ben les mondes sont quand même pas super intéressants non ? Mais ce n’est pas le propos de B3313. Lui, il souhaite jouer avec l’étrangeté du jeu originel pour la sublimer et proposer une expérience de pure exploration. Le nom complet du hack c’est “B3313 ( Super Mario 64 Internal Plexus )”, un plexus c’est un mot utilisé pour définir genre un rassemblement de nerf et de vaisseau, soulignant l’aspect organique étrange de l’architecture du hack. Soulignant comme des choses comme le système nerveux peut paraître étonnamment grand par rapport à la taille de notre corps à l’extérieur.

Un jeu plein de mystère qui, même si vous n'arrivez pas jusqu’au bout, mérite qu’on en parcourt les couloirs pour se laisser prendre par l’atmosphère..

Bref, c’est Yume Nikki avec de la plateforme. Voilà bon.


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