NES / Famicom   American Dream   Autre   1989  PAR Folkefiende 







Il y a des jeux, on se demande pourquoi ils ont été développés et comment ils ont bien pu être commercialisés. Souvent, on se surprend aussi à se demander quelle raison a bien pu nous pousser à les essayer.

American Dream est de ceux-là. Développé par C★Dream et sorti sur Famicom en 1989, il est un des nombreux jeux de simulation produits par Coconuts Japan. Quel genre de simulation ? Hé bien, des simulations de... casino. Hé ouais. Vous vous doutez bien, cependant, que des jeux aussi perchés ne sont pas sortis du Japon. Cela dit, ce jeu en particulier se démarque un peu des autres productions de la firme et c'est pour cela qu'il a été traduit par un certain Pale Dim. Mais a-t-il rendu service service à l'Histoire en faisant un truc pareil ? American Dream est un spin-off de la série Pachio-kun, complètement inconnue hors du Japon mais qui a pourtant fait un petit bout de chemin dans l'archipel avec près de 20 jeux sortis sur 7 consoles différentes. Comme son nom l'indique plus-ou-moins, la série a démarré en tant que simulateur de pachinko avec une mascotte qui revient à chaque épisode. L'idée d'American Dream, sorti pas longtemps après Pachio-kun 2, était à la fois de centrer un épisode sur les machines à sous américaines plutôt que sur les pachinko et de proposer une nouvelle approche de la simulation de casino. Par ailleurs, la cartouche du jeu était équipée d'une puce Nintendo MMC1, ce qui lui permettait de totaliser 256Ko de ROM pour... bah pour quoi, j'en ai aucune idée, surtout que le jeu est très loin d'être une prouesse technique. Pour gérer les larges sommes d'argent, peut-être ? Enfin, bon, venons-en au jeu. Qu'est-ce que tout ceci peut bien valoir ?

Après l'écran titre, le jeu propose soit de commencer une nouvelle partie soit de jouer librement aux bandits manchots. Histoire de me familiariser avec cet aspect du jeu, j'ai d'abord jeté un œil au jeu libre avant de commencer le jeu en lui-même. Et je n'ai pas grand chose à dire : Il s'agit d'une simulation de casino tout à fait classique. On débarque dans le palace, et on va échanger ses dollars contre des jetons. Une fois le nécessaire en poche, on choisit un espace de jeu. On fout des pièces dans la machine, on tire le manche et on espèce tomber sur le jackpot. Voilà. Il y a bien plusieurs types de machines différentes, mais le principe reste sensiblement le même. Bon... Il est temps de se lancer dans la vraie "aventure".



Ça reste un jeu de casino, y a pas grand chose à y voir niveau action...


Bref, nouvelle partie. C'est marrant, le jeu est scénarisé. L'aventure démarre dans un héliport, où une femme se présente comme votre "guide" vers l'American Dream. Il semblerait effectivement que le héros soit déterminé à transformer ses pauvres $1,000 en immense fortune à travers le jeu en s'envolant pour Brooklyn. Mauvaise nouvelle : Le prix du vol est de $900. Vous voilà donc paumé au milieu du borough avec 100 misérables dollars en poche. Ça commence bien.



Welcome to the Land of the Free.


Et là, fait étonnant : Vous vous déplacez sur une map ! Hé ouais dans, un jeu de casino... mais attendez donc de faire quelques pas. Paf, random encounter ! C'est vraiment la dernière chose à laquelle on pouvait s'attendre. Ces "combats" se jouent soit contre une machine à sous soit contre une jeteuse de dé qui misent une certaine somme d'argent, et vous pouvez décider de les jouer ou de fuir. Bien entendu, au fur et à mesure que vous progressez dans le jeu, les mises seront bien plus grandes : Les premiers ennemis joueront pour $10, mais les mises pourront grimper jusqu'à $10,000 vers la fin de l'aventure.



Dragon Quest selon Milton Friedman.


L'argent, parlons-en ; c'est donc, comme vous l'aurez compris, l'élément central du jeu. Et ce ne sont pas les paris avec les quelques ennemis random qui feront de vous un millionnaire... C'est donc là que vous allez vous dirigez vers ce pour quoi vous êtes venu : Le casino ! Manque de bol, il faut un laisser-passer. C'est là qu'une des autres mécaniques entre en jeu : En effet, des objets sont disséminés sur la map. Ils sont invisibles, il vous faudra donc vous balader un peu partout pour ne rien rater ; la map n'est pas excessivement grande, et vous pouvez en plus parfois tomber sur du fric au hasard. Le laisser-passer se trouve dans un immeuble, mais les autres objets se trouveront à même le sol (y a même des flyers de pub pour d'autres jeux de Coconuts ok). Une fois l'accès au casino débloqué, vous voilà donc lancé dans le jeu pour de bon.



Il va falloir faire un petit tour dans le coin avant de s'aventurer trop loin.


Mais autant être honnête, c'est chiant à mourir. Vous vous en doutiez. C'est un jeu de casino, en même temps... Vous n'avez pas grand chose d'autre à faire que de mettre les jetons et espérer toucher le pactole, si ce n'est essayer les différentes machines et vous acharner sur celle qui vous semble la plus rentable, en essayant de faire grimper graduellement la mise en changeant de salle. Ce ne sont en tout cas pas les gains que vous générez contre les quelques ennemis random qui vont vous rendre millionnaire... et amasser le fric peut prendre longtemps, trèèès longtemps vu les sommes exigées pour progresser. Bien sûr, encore une fois, plus vous progresserez, plus les mises possibles au casino seront grandes ; mais ça ne change rien à l'aspect rébarbatif de la chose. Et il s'agit là du seul moyen de progresser dans le jeu, qui exige en fait que vous obteniez une certaine somme pour pouvoir accéder à la "zone" suivante.



Vous êtes prévenu, c'est chiant comme la mort.


Parlant de ces zones, sont représentées les 5 arrondissements de New York : Brooklyn, donc, ainsi que Queens, le Bronx, Manhattan et le New Jersey. Ils sont tous différents, avec plus ou de moins de casinos et leurs propres particularités (comme un faux casino qui vous met la nique à Queens ou des agresseurs qui vous dépouillent à Manhattan). C'est d'ailleurs amusant de constater que, d'après le jeu, il n'y a que 3 types de quartiers aux État-Unis : Des business districts avec des grattes-ciel, des centres de jeu avec des casino aux lumières clignotantes et des ghettos avec de vieux appartements délabrés. Après avoir atteint la somme finale requise de $100,000,000, il ne vous restera plus qu'à vous lancer dans le final aussi intriguant que ridicule et enfin vivre le Rêve Américain avant de vous envoler vers de nouvelles aventures à bord d'une baleine-hélicoptère. Sans oublier, bien sûr, de passer devant la Statue de la Liberté avant la fin.



Le Bronx et les frais médicaux. Pas de doute, on est bien aux USA.


Je pense que c'est tout ce qu'il y a à dire sur American Dream, à supposer que j'aurais du ne fut-ce qu'en parler à la base. Je n'arrive pas à discerner si ce jeu est un RPG alternatif ou une simulation de casino expérimentale, un jeu d'aventure sous acides ou un festival de variables random, une comm' de propagande libertarienne ou un satire social, ou tout ça à la fois. N'empêche que ça a du plaire quand même, d'une manière ou d'une autre, puisque le gameplay des Pachio-kun suivants sortis sur Super Famicom et PC Engine Super CD-ROM² sont tous basés sur ce modèle. Le dernier épisode de la série, Kaettekita Pachiokun Dream Collection sur PlayStation, date cependant de 1998 ; et il n'y a plus de nouvelle de Coconuts Japan depuis qu'ils se sont occupés en 2000 de l'édition japonaise d'un jeu de foot pour PlayStation également (World League Soccer produit par Eidos).

On ne va pas en faire un fromage.




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