PC   Maldita Castilla   Action/Plateforme   2012  PAR Weldar 




Maldita Castilla



Si le jeu d’action plate-forme type "Die and Retry" a l’air d’être à la mode, est-ce le jeu d’action exigeant, pénalisant et nerveux des années 80 existe encore? C’est ce qu’un développeur indépendant espagnol, Locomalito, a voulu faire ressurgir à travers ce petit jeu réalisé avec Game Maker.
Un jeu de plate-forme à l’ancienne purement nostalgique, une déclaration d’amour aux jeux du genre, surtout un certain Ghost'n Goblins qui en est la principale inspiration.
De plus, ce grand monsieur souhaite vraiment se faire des amis avec une communauté de vieux joueurs vu qu'il propose son jeu gratuitement, avec possibilité de faire une petite donation si on a aimé l’œuvre accomplie.


Don Ramiro et Don Diego (!!!) vont exploser leur race aux démons et zombis du coin.

En l’an 1081, une terrible bataille éclata au royaume de Castille, mais Castille en sortit vainqueur. Cette victoire garda un goût amer pour la magicienne Mura qui ne revit pas son amour, mort au combat et elle ne cessera de pleurer sa perte.
Ses larmes auront séduites un puissant démon qui se proposera d’exaucer son souhait en contrepartie de son âme… Mura se laisse tenter et elle signe l’accord, malheureusement, cet acte ouvra la porte du monde des démons et ces monstres envahissent le royaume de Castille…


C'est une belle brochette de vainqueurs. /////// Charmant voyage.


Pour sortir de cette crise sans précédent, le roi ordonne au preux chevalier Don Ramiro accompagné de ses compagnons pour partir sauver Mura et triompher du démon qui a ensorcelé la jeune femme. Une quête qui se montrera bien ardue pour notre petit barbu…

Si le pitch de départ restera l’éternel grand classique du départ à l’aventure et d’une princesse à sauver, on pourrait noter que le ton se montre mine de rien plus atypique dans son genre, surtout par rapport à un Ghost'n Goblins qui en est la principale inspiration de ce petit jeu résolument nostalgique. En effet, l’histoire opte pour une certaine noirceur et cruauté. L’univers se montre sombre et sanglant entre tragédies et horreur. Même si l’histoire ne s’embarrasse pas de cinématiques ou de longs dialogues, il y a malgré tout quelques cutscenes qui sont présentes dans le jeu et elles ont le mérite d’avoir des retournements de situations assez surprenants.

Si le joueur un poil cultivé n’aura de cesse de voir ce malheureux Don Ramiro en réplique exacte du chevalier Arthur dans Ghost'n Goblins dans sa gestuelle et surtout son gameplay, pourtant l’univers médiéval de ce petit jeu arcade cherche à apporter sa griffe en s’inspirant de contes espagnols tout en gardant cette noirceur évoquée tout à l’heure, la petite touche espingouin en soi.
Si le jeu se montre aussi long que ses homologues des années 80 avec cette progression linéaire typique du genre où le joueur devra traverser cinq mondes, plus un caché (et final). Six mondes, ça fait peu au compteur, pourtant ils sont assez longs, surtout à partir du troisième et ils sont divisés en deux parties aux décors différents. Je prends exemple du quatrième monde qui commence dans des marécages et se termine dans une caverne obscure. On pourrait parler de six mondes avec à chaque fois, deux sous-niveaux si on veut valoriser un peu le contenu du jeu.


PEGI Ice : Jeu interdit au moins d'ARC8games.

Mais un vrai joueur de cette trempe sait que ce n’est pas la quantité de niveaux qui fait la beauté de ces jeux arcades, mais le challenge et cette force à boucler l’aventure sans utiliser de continues. Rappelons-le que ce genre de jeu ne fonctionne pas avec des sauvegardes, il faut le boucler en une fois, mais rassurez-vous, il n’est pas spécialement long. On pourrait établir une petite heure pour voir la fin, voire plus pour une première partie où on se montrera peu prudent faces aux nouveaux dangers dont on ne connait pas encore la parade.
Ô joie, dirons les puristes du challenge arcade, Maldita Castilla se montre aussi exigeant que les jeux d’antan où le moindre faux pas est signe de fatalité. Les monstres que rencontreront Don Ramiro sont retors et ne cherchent qu’à faire venir l’écran du Game Over.


Il ne manque que plus la musique et on se croirait replongé dans le passé avec un certain jeu. ///// Charmant accueil.


Exigeant, mais pas aussi exigeant qu’un Ghost'n Goblins une nouvelle fois. En effet, les continues nagent à l’infinie d’une part. Une façon de ne pas frustrer le joueur en l’obligeant à recommencer le jeu depuis le début, mais du coup, le jeu ne se montre pas aussi pénalisant que les jeux d’antan. C’est un petit détail on peut l’accorder et le vrai challenger essayera de finir le jeu sans utiliser une seule continue et d’avoir ainsi un gros score. Il est d’ailleurs amusant de noter que la Mort nous nargue au bout de quatre continues… Oui, je connais cette information via un site… Je n’ai pas eu cette chance de voir mon quatrième écran de Game Over… Oui. moai1
D’autre part, le gameplay de Don Ramiro est beaucoup plus agréable à prendre en main que celui d’Arthur. Peut-être une question de point de vue, mais la maniabilité conserve cet aspect rigide, un code de ce genre de jeu.

Quand on parcours le premier monde du jeu, surtout la première zone, on verra beaucoup le reflet du Ghost'n Goblins entre ce paysage bosquet en pleine nuit, les zombis qui sortent de terre et les épées que Don Ramiro jette horizontalement, comme Arthur!
Comme ce dernier, Don Ramiro doit avoir un stock d’armes assez épais pour pouvoir tirer comme une mitraillette. Bon, une comme une mitraillette est une bien grande comparaison, vu qu’il peut envoyer une série de deux épée avant de patienter un petit peu avant de retirer. Ce serait trop facile si on pouvait bourriner comme tel, bien que les épées soient des projectiles plutôt petits, mais qui traversent tout l’écran du jeu.


Une World Map à l'ancienne, en guise d'introduction avant le prochaine niveau. ///// C'est le bonus qui nous permet de changer d'arme.


Heureusement (ou pas), l’épée n’est pas la seule arme que peut envoyer le preux chevalier espagnol, car il peut alterner avec d’autres armes qu’il récupérera durant son épopée. A la manière d’un Dracula X, notre barbu peut trouver un bonus qui fait défiler les différentes armes du jeu et il suffit de toucher ce bonus quand l’image de l’arme qui nous intéresse apparaît.
On a quatre armes et elles ont toute une portée différente, voir une puissance différente, ce qui permet d'utiliser des tactiques différentes lors des affrontements. On compte entre autre, l’épée, la serpe boomerang, la hache sortit tout droit d’un Castlevania et le fléau qui est une version à courte portée, mais plus grande et forte que l’épée.

Il est préférable d’alterner avec des armes, car certaines, comme la serpe, sont très utiles contre les boss, car elles sont rapides et occasionnent beaucoup plus dégâts. C’est l’arme idéale pour venir à bout rapidement des gros monstres. L’épée est l’arme de base et donc, la moins efficace.

L’arme blanche n’est pas la seule protection de Don Ramiro face à l’adversité, il récoltera d’autres bonus qu’on peut appeler comme secondaires, mais ce bonus équipé apporte une aide sur le personnage même. Il y a par exemple le bouclier qui est un point de vie en plus (sur trois à la base), la fée qui incarne le tir secondaire du héros ou encore les bottes ailées qui permettent au chevalier de sauter plus haut (pas forcément utile cela dit).


Cette petite péripétie en chariot était bien sympathique... /////// Cette bouche à profusion collée dans le mur semble sortir tout droit de Contra.


Ces petits bonus apportent un plus dans le gameplay du jeu, ils nous permettent à la fois de rendre la vie plus facile en ces terres maudites et de varier nos approches dans la traversée des niveaux. En plus de ces bonus que le joueur obtient en détruisant des coffres voir des vases, il peut récolter des morceaux de viandes qui remonteront ses points de vie ou encore de trouver une très rare vie supplémentaire. On ramassera aussi les classiques pièces d’or et autres trésors destinés à faire monter notre score.
Même si la maniabilité se montre volontairement rigide entre les sauts qu’on ne peut contrôler ou la certaine lenteur des déplacements du barbu, Don Ramiro reste habile de ses mains (sans idées malsaines derrière), car il peut tirer aussi en haut et en bas, ce qui est très utile pour atteindre les ennemis en hauteurs.


Un vieux jeu de plate-forme comme on les aime.

Prêt au combat, la progression du jeu est donc très classique. Les niveaux sont linéaires au level-design bien pensé permettant d’offrir des séquences riches en pièges astucieux ou de plate-formes malignes. Il y a des passages qui se montrent très sympathique comme l’attaque des harpies lors de notre voyage en chariot sur une route de campagne.
Classique oblige, le boss vient stopper la course de Don Ramiro à la fin du monde, synonyme de combat intense et de mémorisation obligatoire de la gestuelle de la bête pour pouvoir sortir vainqueur.
A l’ancienne, il n’y a pas de secrets, on doit connaître par cœur le mouvement des attaques et saisir l’occasion de le frapper sans prendre le risque d’être touché à son tour. Le développeur a eu la riche idée de faire intervenir des sous-boss vers la moitié d’un monde, pour non seulement séparer ce monde en deux parties parfois distinctes, mais aussi de varier le rythme et de proposer un plus grand nombre de boss malgré la présence de six mondes!


Il ne faut pas se fier à son apparence grotesque, ce redoutable boss a incendié toute une collection de livres. Rhalala, quel salaud! ////// Charmant service.


Les boss sont pour la plupart très bons, certains ont un chara-design vraiment dérangeants et rentrent bien dans l’univers sombre du jeu. La difficulté étant très progressive, vous vous arracherez les poils du nez, un par un, face à certaines situations pouvant s’apparaître compliquées quand on découvre de nouveaux monstres.

Enfin, on dit que le jeu est bêtement linéaire jusqu’au boss final? Pourtant, le jeu dispose de plusieurs fins, ou du moins, d’une bonne et d’une mauvaise, et arriver à la bonne fin, implique de débloquer l’accès au dernier monde. Je conseillerais d’ailleurs de fouiller les recoins des niveaux, des "larmes" pourraient être la clé de tout ça…
Je rassure la foule tout de même, le jeu a beau rendre hommage à Ghost'n Goblins, il a tout de même l’intelligence de ne pas nous faire recommencer le jeu une seconde fois. Petite parenthèse dans la question des hommages, on s’amusera à noter des petites références à d’autres jeux de l’époque. J’ai, entre autre, noté Castlevania, Contra… et bien d'autres, selon le site du développeur.


De l'hommage de l'hommage, et encore de l'hommage.

Hommage oblige, les graphismes tournent dans une 2D très old school d’un bel effet. En plus d’un choix de couleurs très sombre et limités pour rester dans l’esprit de l’époque, les sprites ont vraiment une bonne bouille, contrastant parfois avec le cadre horrifique. Un univers réussi qui apporte aussi une diversité dans ses paysages entre le village assiégé, le château en flamme, les marécages, une forêt hantée ou une cave à vins.


Drôle escabeau pour aller se pendre, étrange pays qu'est l'Espagne. /////// Don Ramiro est un sex symbol.


Une option permet aussi d’ajouter un effet "écran d'arcade", histoire de se mettre encore plus dans l’ambiance arcade.
La bande-son reste dans ce style très rétro et colle vraiment bien à l’atmosphère. Signée Yamaha YM2203 (ça c’est du pseudo!) qui reproduit avec amour des sonorités de l’époque, en plus des musiques de Gryzor87 à la fois très "arcade" et sombres. La bande-son a un style à la fois bien distinct et nostalgique qu’on reconnaîtrait dans le mille.

Il y a pas à douter, Maldita Castilla ne cherche pas à renouveler l'expérience du genre, mais de la faire perdurer. Seuls ceux qui sont sensibles à ce genre de jeu aimeront le parti pris, les débutants verront aussi une occasion de tester ce gameplay qui a disparu aujourd'hui et qui ne sera pas forcément aussi frustrant qu'à l'époque, continues à l'infini oblige.
Oui oui, je sais qu'un vrai n'a pas besoin de continues. C'est tout moi.
génial1




L’assumant, Maldita Castilla est un jeu purement arcade et rétro, un hommage des Ghost'n Goblins. Il ne fait que de prolonger pour les vieux puristes du genre, ce plaisir intact du jeu nerveux où les réflexes sont nos meilleures armes. Sans originalités peut-être, mais avec un style à lui, les fans du jeu rétro pur et dur sont appelés à tester ce jeu crée avec amour et qui mériterait d’être incontournable.
Comme il a été dit, proposé gratuitement et d'une durée de vie courte pour un jeu immédiat, simple et dynamique, je pense qu'on peut lui accorder une petite après-midi avant le goûter pour le tester.


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