Nintendo 64   Glover   Plateforme   1998  PAR Drake 






On le sait tous, la Nintendo 64 a accueilli durant ses heures de gloire des jeux de plate-forme magnifiques. Cependant, on ne peut que se plaindre au vu de leur nombre, assez restreint : en effet, à part Super Mario 64, les Banjo, DK64, éventuellement les Gex, la ludothèque de la N64 en termes de jeux de plate-forme n’est pas folle (une remarque que l’on peut généraliser à tout son catalogue d’ailleurs). C’est donc en cherchant un platformer peu connu, une perle que j’aurais loupé, que je me suis lancé dans Glover (sorti en novembre 1998 chez nous), que je n’avais jamais touché auparavant. Alors allons-y, on est partis pour une séance découverte !




Bon, une fois passé ce magnifique écran titre (hoho, ironie time !), on arrive au menu principal du jeu, qui est somme toute assez classique. Ni une ni deux, je crée une nouvelle partie ; on me demande au passage de choisir le niveau de difficulté entre facile et normal. Alors pour ceux qui (comme moi) préfèrent généralement commencer un jeu par le mode facile, ici, ne vous faites pas avoir : le mode normal rajoute juste des niveaux bonus sous certaines conditions (j’aurai l’occasion d’y revenir), mais n’augmente en rien la difficulté à proprement parler. Donc pour un challenge optionnel en plus, on ne va pas se priver, go mode normal.

La cinématique d’intro nous conte le scénario du jeu : un magicien est en train de faire une expérience avec une mixture bizarre dans son chaudron lorsque tout foire, et l’un de ses deux gants magiques tombe dans la substance. Il en ressort tout méchant, transforme le magicien en fontaine et éparpille les 6 cristaux qui surplombaient le château du magicien à travers le monde. Le seul espoir de restaurer la paix dans le royaume est désormais entre les mains (hohoho, blague, on rigole !) de l’autre gant magique, j’ai nommé Glover, que l’on contrôlera durant tout le jeu. Alors bon évidemment, le scénario n’est pas folichon, comme souvent dans les jeux de plate-forme (même si pour le coup on dirait presque le scénario d’un Final Fantasy des années 90…), mais la séquence d’intro a le mérite d’être présentée de façon originale et drôle, et je dois dire donne assez envie d’en voir rapidement plus. On atterrit donc dans la zone centrale du jeu, c’est-à-dire l’espèce de parc qui entoure le château du magicien. La première chose que l’on remarque, c’est que cette zone n’est pas bien grande et est en plus de ça assez vide. C’est pas un drame en soi car elle ne constitue pas un niveau à proprement parler, mais il aurait pu être intéressant d’y inclure un peu plus de … relief, disons, et éventuellement quelques quêtes annexes. Tant pis, on repassera ! En effectuant ses premiers pas, on peut déjà se rendre compte que les graphismes ne sont pas hideux, ils sont on va dire d’un niveau correct pour de la Nintendo 64, les textures ne sont pas trop polygonées ; en revanche, les animations du petit gant ne sont pas très fluides (on a un peu l’impression qu’il est fait en plomb), mais bon, à ce stade de la découverte d’un nouveau soft, on peut tout de même dire qu’on ne démarre pas trop mal.



Il a la classe... non ?


Notre petit gant devra utiliser une balle afin de traverser les niveaux, et qui lui permettra de réaliser plusieurs actions spécifiques selon l’environnement dans lequel on se trouve. Un niveau didacticiel est présent dans la zone de départ (comme quoi je suis mauvaise langue, quel horrible personnage comme dirait Weldar), qui vous explique en quelques épreuves les différents mouvements que vous pourrez réaliser avec le duo gant – balle. Vous avancez donc en faisant rebondir votre balle sur le sol, vous pouvez la lancer devant vous afin de la faire franchir certains passages trop hauts, le gant seul peut effectuer un saut (simple ou double), etc… Vous pourrez également la faire changer de forme, certaines plus pratiques que d’autres selon les situations rencontrées. Je ne vous en dis pas trop, mais sachez que en gros, plusieurs tailles et poids sont disponibles. A l’issue de ce tutoriel, qui se finit assez rapidement, on se dit que la maniabilité est assez particulière, la physique de la balle est compliquée à maîtriser, et on ne la lance pas toujours où on veut, surtout lorsqu’elle rebondit sur un mur et repart là où vous l’avez lancée. Mais bon, ce ne sont que vos premières minutes de jeu, après tout vous finirez bien par vous habituer, hein ? Eh ben pas forcément !

Je l’ai dit plus tôt, vous devez récupérer 6 cristaux, vous allez donc devoir parcourir 6 mondes, qui sont divisés en 3 niveaux, plus un niveau boss, plus un niveau bonus si vous jouez en mode normal. Les niveaux classiques consistent simplement à traverser le « chemin » plus ou moins tortueux jusqu’à l’arrivée, tout en gardant votre balle (et vous, accessoirement) en vie. Comprenez donc par là que si votre balle tombe dans le vide, c’est une vie en moins et on recommence ! Fort heureusement, la présence de checkpoints rend ce genre de cas un peu moins frustrants. On ramasse en chemin des petites cartes étoilées, qui si on les ramasse toutes dans les 3 niveaux d’un monde, nous ouvrent la porte du niveau bonus. Un bon challenge donc, qui pousse au 100%. Cela dit, en parcourant les premiers niveaux, on se rend compte qu’on ne maîtrise pas mieux (en tout cas moi, peut-être que j’ai des mains carrées hein !) la maniabilité, et que notre balle ne se loge pas du tout où on voudrait qu’elle aille. Mais bon, ça, à la rigueur, ce n’est pas un drame. Les premiers levels sont faciles, on peut faire avec. Mais dès les premiers niveaux, vous allez rencontrer votre véritable ennemi. Celui qui va vous faire en chier pendant des heures. Ce qui est indispensable à la survie de l’être humain se révèlera être votre pire cauchemar. Cette véritable plaie se nomme…


Spoiler:


L'EAU !!


Oui, vous avez bien lu, je parle de l’eau ! Car comme dans tout bon jeu de plate-forme qui se respecte, on se retrouve avec des niveaux où l’on doit franchir des étendues d’eau. Alors forcément, la première fois on teste, et on découvre avec bonheur et naïveté que la balle flotte sur l’eau et que le gant se met en équilibre dessus, et on peut donc avancer. Sauf que voilà, je sais pas pourquoi, les développeurs devaient être shootés à l’ecstasy ou juste complètement un sadique (un débat d’une heure avec Haga ne nous a pas fait trouver la raison), mais mesdames et messieurs, sachez que sur l’eau… les commandes sont inversées ! Et ça, peu importe la raison, ça n’est pas admissible !! Pourquoi je m’énerve tant ? Parce que c’est juste INJOUABLE !! Déjà, quand on est sur l’eau, on avance à deux à l’heure, ce qui rend la progression franchement laborieuse. Mais en plus de ça, quand on passe de la terre ferme avec des commandes « normales » à l’eau où d’un seul coup on est obligés de se diriger à l’envers, c’est juste catastrophique ! On se retrouve à galérer pendant cinq minutes pour se sortir du moindre petit étang… et encore, quand ce n’est qu’un étang, vous avez du bol ! Car les différents mondes que vous visiterez vous feront passer par encore plus de flotte que ça, à croire que les créateurs du jeu misaient vraiment out sur ça. Bref, après quelques crises de nerfs (et d’épilepsie), on est déjà saoulés du jeu, ce qui est dommage car du coup on ne profite pas vraiment du level design qui n’est lui pas dégueulasse.



C'est juste PAS MANIABLE è_é


Pour parler un peu plus en détail des niveaux du jeu, on peut dire qu’ils sont assez variés, même si les thèmes principaux (un cirque, une baie de pirates…) sont vus et revus. La conception des parcours est parfois assez bien pensée, et trouver toutes les cartes étoilées d’un niveau ne sera pas toujours chose aisée. Les boss, quant à eux, ne sont pas des monstres de difficulté, mais demandent parfois une grande précision (par exemple, lancer la balle sur une cible), qu’on n’atteint pas forcément, à cause des commandes, encore une fois. Bref, vous l’aurez compris, vos pérégrinations seront quelque peu (beaucoup ?) gâchées par la maniabilité qui peut quand même être qualifiée de affreuse, et vous vous énerverez souvent sur des passages bien trop délicats (car oui, finalement, vous le verrez dans les derniers niveaux, il y a pire que l’eau). Et malheureusement, ce ne sont pas les musiques qui aideront à mieux faire passer la pilule. En effet, elles sont souvent agaçantes (mention spéciale pour le monde du cirque) et on préfèrera également se passer des bruitages de Glover, personnage pour lequel, après plusieurs heures de jeu, on n’éprouve plus que de la haine.



Certains ennemis ont un look original


Bon, après tout ce déversement de bile, que retenir, au fond, de Glover ? Malheureusement, pas que du bien. Ce qui aurait pu être un très bon platformer se retrouve plombé par une maniabilité désastreuse et une physique de balle horrible à gérer. Après, si vous arrivez vraiment à passer outre ça, vous pourrez apprécier les niveaux qui sont de manière globale tout de même sympathiques à parcourir (d’un point de vue esthétique, car musicalement, c’est pas tout à fait ça), et qui vous feront jouer pendant une bonne dizaine d’heures avant d’en voir la fin. Car oui, le jeu est assez court, et franchement, heureusement pour moi, sinon ma santé en aurait vraiment pâti… Donc finalement, non, Glover n’est pas cette perle passée inaperçue que j’espérais. C’est un soft qui a des bonnes idées, mais qui possède des tares que je n’ai pas pu ignorer, et qui m’ont fait vraiment détester le jeu. Il ne vous reste plus qu’à vous faire votre propre idée… si vous en avez le courage !


Spoiler:

'tchulé



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