Le jeu commence dans le vide spatial où une colonie semble se détacher. On va tout de suite au centre de commande mais.... Quelque chose ne va pas. Une attaque ? "Quelque chose" semble prendre possession du vaisseau, le capitaine essaye de joindre les équipes en interne mais impossible, sont-ils déjà mort ? Rapidement "la chose" prend contrôle du vaisseau, les écrans répètent un message cryptique "Vous serez comme des Dieux". Le capitaine sonne alors l'alerte et l'évacuation de toute la colonie tout en restant à son poste... Mais hélas, "la chose" a pris possession des armes du vaisseau et tire sur tous les navettes d'évacuations qui sont éjectés.... Défait devant la destruction totale de son monde en quelques instants, le capitaine a quelques pensées pour sa femme et sa fille avant de voir la colonie entière s'écraser sur une planète inconnue.



Ah ! Le classique commandant de vaisseau et ses opératrices en face de l'inconnu qui décide de vouler avec le navire !
La question est en tout cas posée : Qui a pris possession de cette colonie, et pourquoi ?
Rassurez-vous, le jeu va sans doute répondre à ces questions dans les 10 prochaines minutes… Ou pas !
Ici, dans les débris de l'appareil au bord de la plage d'un océan paisible, une femme nue se lève... Xenogears commence.
Support : PSX
Développeur : Squaresoft
Date de sortie : 1998
Genre : RPG
Xenogears, c'est l'un des monuments du genre, pas un jeu qu'on peut approcher si facilement à cause de son excessive densité... Pour cela, je demanderais d'excuser le fait que j'oublierais peut être des choses qui paraissent indispensables à beaucoup mais sur lequel je ne m'attarderais peut-être pas assez. Un article sur Xenogears c'est un exercice de style vu sa densité, un moyen de garder à une échelle d'article viable l'immensité dans lequel il nous plonge.
Bien sûr, Xenogears a été l'un des premiers J RPG Playstation dont j'ai pris conscience en allant sur Internet au milieu des années 2000. A l'époque croyez le ou non obtenir des ISOs sur Playstation n'était absolument pas chose facile pour un adolescent, car c'était assez lourd à héberger ! Je n'avais trouvé qu'un site qui autorisait le téléchargement des ISOs mais c'était à la condition de participer au forum. J'y suis alors allé par pur intérêt et j'ai finalement pris gout à l'idée de parler à des passionnés sur Internet de tout ces jeux. Xenogears dans ces milieux-là, c'était un classique qui habillait les avatars des grands fans de J-RPG que je rencontrais alors.

RPG Legends, arrivé pour des ISOs, resté pour le plaisir de coucher mes pensées à l'écrit... Mes premiers ( et horribles ) articles ont été écrit là !
Tant de noms que je retrouve... Wiegraf, Bahamut-Omega, Rocnael, Harly Sama, NightBlade, fisico.
Je sais pas où vous êtes aujourd'hui mais euh ayez une belle vie~~
Alors, je pus finalement télécharger Xenogears mais mon anglais balbutiant me donnait l'impression que j'allais passer à coté du jeu... Alors j'ai attendu... Attendu..... VINGT ANS tout de même ! Non sans l'avoir essayé ici et là mais pendant des années il a été "ce jeu que je devais absolument faire" et qui restait en arrière. Finalement, c’est en 2026 que j'en vins à bout et... Ouah, quel jeu...
Strate 1 : Sautillons dans un nouveau RPG Squaresoft
Xenogears a une présentation avec des personnages en 2D dans des environnements 3D dans lequel on peut tourner la caméra. Un style qu'on retrouve dans d'autres jeux comme l'ultérieur Lucienne's Quest sur 3DO ou Grandia sorti la même année et dans beaucoup de tactical par la suite ( FF Tactics, Disgaea... ) mais qui est moins hégémonique que les présentations de personnages 3D sur des environnements "2D" c’est-à-dire en 3D précalculé ( Les Final Fantasy PSX bien sûr, Chrono Cross, Alone in the Dark ). L'avenir allait évidemment vers des jeux où décors et personnages seraient en 3D ( Vagrant Story, Panzer Dragoon Saga, Grandsteam Saga ) voir, bien plus tard, à un retour à des jeux entièrement en 2D comme Legend of Mana ou Alundra.
En cela, Xenogears s'inscrit dans une courte période de transition dans l'Histoire du RPG entre la 2D et la 3D qu'il est toujours intéressant de revoir aujourd'hui.

Si les articles de l'époque disaient que Xenogears "pixellisait" ( c'était pas une flatterie ) Il était à la pointe de tout ce qui se faisait à l'époque.
Les sprites 2D superbement animés, les décors en 3D temps réel et même un travail sur certaine texture rajoutant du détail là où ça aurait été impossible en 2D.
Il y a des avantages réels à cette représentation puisqu'elle permet de cumuler la liberté d'une caméra 3D que l'on peut tourner tout en gardant le savoir-faire d'orfèvre de Squaresoft en termes de sprites 2D... Et ça se voit notamment durant les combats a base d'appui de touche permettant de faire attaquer son personnage avec différents combos et certains d’entre eux activant même des attaques spéciales aux animations uniques !
L'exploration n'est pas en reste avec des villes et des donjons dans la plus pure tradition de l'époque. Chacun des PNJs a bien sûr sa petite phrase mais souvent aussi un gag, une manie, un délire pas toujours si bien traduit du Japonais qui le distingue et donne une impression de foisonnement à l'ensemble. Par exemple des enfants joueront au ballon dans la ville du désert avec un script qui leur est sans doute unique pour que ça marche. Je me souviens d'un chasseur qui fait "ah ! Rien de tel que ce plat pour augmenter ses capacités !" avec un petit message en dehors de la boite de dialogue qui dit "ce plat n'augmente pas vraiment les capacités" ainsi que d'une petite fille s'ennuie tellement chez elle qu'elle se met à tourner sur elle-même à fond d'ennui !


L'exploration de la ville est rempli de PNJs plus ou moins pertinent avec leur légèreté.
Bon, les donjons couloirs me font beaucoup moins plaisir...
Xenogears a la réputation d'être un jeu pas fini... Mais pour un jeu pas fini c'est FOU ce qu'il possède comme détails dans son premier CD ! Des monstres uniques à certains endroits, des mini jeux comme ce combat de mecha en full 3D avec un framerate étonnamment haut ou même des choses plus modeste comme ce métronome qui te donne un gil si tu l'arrêtes pile au milieu. Se balader à pied dans une ville de Xenogears c'est l'assurance de voir tout un tas de petite scène du genre, et en vrai si ça parait excellent ce n'est pas exceptionnel pour Squaresoft qui avait déjà ce ton pour ses Final Fantasy de l'époque... Souvenons-nous de la course de moto en mode 7 de Chrono Trigger, du passage chariot de mine en super scalar dans FFVI voir carrément d'un mini jeu entier de RTS de FFVII comme autant d'exemple où un jeu Squaresoft met de coté le scénario pour proposer une séquence inattendue. On ne fait tout simplement plus vraiment les RPGs comme ça aujourd'hui, j'en parlais pas mal dans mon article sur FFVII surtout à la "conclusion" où je reviens sur la manière dont FFVII représente les choses... C'est dire comme ça m'a travaillé ! En tout cas, c'est peut être le fait d'avoir pris 20 ans pour le faire qui m'a donné ce sentiment de "rentrer à la maison" en faisant Xenogears. Le jeu Squaresoft perdu de mon parcours vidéoludique.
Une remarque similaire est sans doute à formuler aux donjons qui s’évertuent à avoir des petits puzzles uniques à chaque fois ce qui est plus si fréquent dans un RPG actuel ! Tout cela parait très positif et pourtant je trouve que Xenogears est absolument ABOMINABLE à jouer. C'est pas une vanne ! Les lieux que l'on visite sont souvent exigu et fait qu'on replace la caméra tout le temps, les donjons sont en majorité de grands couloirs à visiter sans grand intérêt à mille lieu du foisonnement des villes et si c'est assez cool de pouvoir sauter, le petit délai avant que ça marche fait que placer de vrais petites phases de plateforme a notoirement énervé tout le monde !


J'ai beau ne pas aimer les donjons ils essayeront toujours d'avoir un petit puzzle quitte à énerver tout le monde genre avec ce carré magique.
Ou encore avec des phases de plateforme ! En vrai cette diversité c’est la seule partie du gameplay que j'ai vraiment apprécié au premier degré.
Le système de combat est inintéressant au possible et on spam les mêmes coups « deathblow » pour la majorité des rencontres puisqu’ils sont à priori toujours meilleurs que les coups normaux. Alors "théoriquement" y'a une mécanique où tu peux conserver des points d'actions pour remplir une jauge servant à un méga combo plus tard mais... A quoi bon ? Ca prend des plombes à se mettre en place donc c'est que pour les boss et il est très compliqué de savoir manette en main si c'est vraiment plus efficace que juste balancer toutes tes ressources pour l'attaque la plus puissante de ton arsenal tour à après tout. Pour le reste, il y a heureusement des accessoires qui permettent de customiser un peu notre stratégie mais en vrai pas grand-chose à signaler.
Plus grave, le déclenchement des combats aléatoires est parmi les plus CRISPANTS qu'il m'ait été donné de voir dans cette gen et Dieu sait comme il y a de la compétition ! En fait, la meilleurs explication que j'ai trouvé c'est qu'il y a un "délai" entre le moment où Xenogears sait que tu vas avoir un combat et le moment où tu en as effectivement un. Donc disons que je marche, en interne le jeu sait que je vais avoir une rencontre mais continue à me laisser jouer et quoique je fasse après ça, j’aurais mon combat… Ca signifie que si je m'arrête juste de marcher, je peux avoir un combat aléatoire ce qui semble absurde ! Ces choses ne peuvent arriver que quand on marche normalement ! Pareil, lorsqu'on interagit avec une porte et que le combat aléatoire se trigger, dans TOUS les jeux du monde quand on ouvre une porte c'est bon on est safe c'est gagné mais pas dans Xenogears. Couplons ça avec les quelques phases de plateforme et le fait que oui, tu peux avoir des combats aléatoires en plein saut qui te feront chuter lorsqu'il sera fini et on obtient un résultat ultra crispant qui dure pendant TOUT le jeu. Pour moi Xenogears n'a jamais été un jeu plaisant à jouer, il a plein d’autres qualité mais jamais celle d’être agréable !


Les combats du jeu sont aussi innintéressant que dans un FF classique mais avec encore moins de customisation de personnage... Pas ouf.
En revanche, c'est très chouette comme l'impression de grandeur est rendu lorsque des gros mechas en 3D attaquent des petits personnages en 2D
Bref, c'est la strate 1, on a à la fois fait tout le jeu dans une sorte de mini test et en même temps on a pas du tout parlé du jeu ! Weldar il y a très longtemps avait fait tout un article plus tourné vers le test si ça vous intéresse, nous on va continuer à aller de plus en plus profondément dans le jeu.
Strate 2 : Le gigantisme des Gears
Assez rapidement on voit la première originalité de Xenogears : celle d'être un RPG de MECHA. Et ben cherchez bien et vous remarquerez qu'il n'y en a pas tant que ça non plus ! Ils sont cités dès l'intro du jeu comme étant "d'anciennes armes" que l'on récupère dans des ruines sans trop savoir comment en recréer, ce sont les Gears. Le village de Lahan est ainsi soudainement attaqué par toute une armée sans que l'on sache bien pourquoi et Fei arrive par hasard en contact avec l'un de ces Gears. Cela plus la violence ambiante semble réveiller "quelque chose" en lui ce qui lui fait perdre les pédales et anéanti entièrement le village et la plupart de ses amis à l'exception notable de Citan, un professeur du coin qui en sait pourtant pas mal pour un type qui habite au fin fond de la cambrousse..
C'est un début assez banal dans un J RPGs pour être honnête, le coup de la vie tranquille avec un héros "qui sent bien qu'il a un destin plus grand" avant que la destruction de son village ne le pousse vers l'aventure mais c'est amusant que ce "destin plus grand" ici soit symbolisé par un robot humanoïde beaucoup plus grand que lui au lieu d'une fille tombée du ciel ou d'une épée.. D'ailleurs ce dernier point est important, car le rapport que l'on a au combat est une des thématiques de Xenogears et l'épée représente souvent cette violence. Avec un Gears ressemblant à un humain cependant, le rapport parait encore plus personnel.

Xenogears est un RPG s'inspirant des animes de mecha et transporte donc avec lui beaucoup des thématiques classiques de ces shows.
Un mecha, c'est avant tout une arme, un moyen d'imposer sa volonté comme une sorte de tank mais qui est le reflet géant et déformant de celui qui le conduit.
Accepter cette force, c'est rentrer dans un cercle de violence mais aussi l'accepter au nom d'un idéal supérieur... Mais lequel ?
Peut-être pour cette raison mais également pour d'autres, les combats militaires de ce monde ne se font pas à coup d'épée ( d'ailleurs, la plupart des personnages n'ont pas d'armes et se battent aux poings ) mais sur une dimension supplémentaire, une autre strate, celle des Gears bien plus grand. La 3D de la PLaystation permet de bien mettre en avant cette différence en mettant des sprites 2D parfois minuscules sur l'écran pour représenter les personnages et des grandes modélisation polygonales pour représenter les robots. Certains couloirs et donjons sont ainsi faits pour se parcourir en gear qui devient donc un personnage "normal" et qui nous ferait presque oublier qu'on contrôle des choses gigantesques.
D'ailleurs bon nombre de combats permettent de jouer avec des Gears ! Sur l'overworld du jeu il est même possible de monter et de descendre d'un Gear en pleine altercation à notre guise même devant des ennemis ridiculement petits ! Le système est pas beaucoup plus complexe que les combats à pied cependant puisqu'il consiste toujours à faire des combos sauf que là plus on tape plus on remplit une jauge qui peut faire des attaques spéciales de plus en plus fortes du coup euh… J'imagine que c'est plus varié ? En réalité le combat consistera à juste utiliser la plus grosse attaque disponible "sur le moment" 90% du temps et les 10% qui reste c'est des boss qui pourront parfois être étonnamment dur, car les mechas ne peuvent pas être ressuscités en plein cmbat et leurs soins sont conditionnés par leur carburant.
Ce carburant c'est un peu le timer des combats, quand il arrive à 0 on a plus qu'à subir en priant pour que le boss meurt avant nous et si ça n’arrive pas beeeeen, direction GameFAQs pour savoir quel accessoire je ferais mieux d'équiper. C'est ce côté "timé" qui fait que les batailles en mecha ont toujours le potentiel d'être les plus problématiques et de potentiellement vraiment bloquer la progression si on fait pas gaffe.

Les combats de gears contre gears ont des règles légèrement différentes avec une barre d'attaque spéciale qu'on augmente en tapant l'adversaire.
Plus subtil, le concept de carburant fait qu'un combat ne peux pas s'éterniser. Les boss les plus durs de Xenogears sont en mecha pour cette raison.
Ah oui aussi, il faut mentionner quelque chose d'autre littéralement au-dessus des personnnages : La caméra. Xenogears est ainsi connu pour son incroyable cinématographie qui le rend encore unique aujourd'hui. Cette caméra peut s'éloigner pour montrer comme le monde dépasse le personnage, se rapprocher au contraire pour mettre le joueur au niveau de ses personnages ou en montrer l'intimité, tourner autour d'eux pour symboliser leurs déroutes, se mettre à la première personne pour garder le mystère sur cette mystérieuse créature des égouts voir des effets encore plus cools de mise en abîme où la caméra semble dézoomer d'un tableau ou d'une écran de surveillance.
Et faut reconnaître à Xenogears qu'il est absolument unique sur ce point ! On parle de quelque chose qui serait à mi-chemin entre le mise en scène théâtrale que j'aime tant dans les RPGs SNES et dont j'avais fait la description dans mon article sur FFVII-encore lui-mais on est pas pour autant dans la mise en scène d'une scène cinématique telle qu'on l'entendrait aujourd'hui. Même les rares autres RPGs à reprendre son mode de représentation comme Radiant Historia ou plus précisément Wild Arms 2 n'ont pas à ce point cette envie de s'amuser avec la caméra et de lui faire faire des choses impossibles jusque-là.


La mise en scène de Xenogears sait vendre des moments de pur gigantisme ! Ou à l'inverse des moments où tout semble vaciller...
Situé entre le théatre de marionette des J RPGs SNES et du travail cinématographique "classique", Xenogears tente des choses qui resteront uniques à lui.
Il y a un véritable enthousiasme qui déborde de tout Xenogears, une envie de détails, de bien faire, et surtout de pousser les limites de ce qui se faisait avant d'une manière assez similaire à celle d'un FFVII mais sur des aspects totalement différents. Même si le scénario à cette strate ressemble beaucoup à ce qu’ils ont fait dans leurs précédentes productions ( FFVI et sa soldate brainwashé, Secret of Mana et son exile, Chrono Trigger et son pendule qui se balance ), je trouve qu’il y’a entre FFVII et Xenogears une relation spéciale. Comme si l’un était le double maléfique de l’autre. On y reviendra.
Strate 3 : Les forces en puissance
Prenons de la hauteur ! Le monde de Xenogears se résume-à priori-entre deux forces principales, celles du royaume d'Aveh et de l'empire de Kisev. Ils se disputent les différents artefacts qu'ils trouvent sur terre-comme les Gears-pour pouvoir les utiliser dans une guerre incessante. C'est quelque chose qui revient beaucoup chez les PNJs du jeu "le combat dure depuis si longtemps que nous n'en connaissons même plus les raisons" et c'est cette aliénation de la guerre qui pèse sur toutes personnes même les pilotes de Gears. C'est ce qu'on explore pendant les deux tiers du premier CD passant d'un despote à l'autre en tentant de se débattre dans une guerre qui semble ne pas avoir d'enjeu.
C'est durant cette période qu'on rencontrera ainsi de nombreux alliés directement influencé par ces évènements, d'abord Elly une soldate vivant pour son devoir avant d'être charmée par la vision pacifique de Fei, Bart le chef des pirates des sables ou Ricardo, "demi-humain" comme il en existe tant dans le monde de Xenogears sans que ce soit trop expliqué et qui est le champion de la bagarre en arêne. Un pattern se dessine alors entre tous les membres du groupe : "d'où viennent-ils et comment cela construit là où ils vont", l'origine des personnages est toujours déterminant pour les différents membres de votre équipe là où dans un FFVII on a pas besoin de connaître les parents de genre Barret, Tifa, Cid, Caith Sith et même Cloud lui-même pour en dédire leur chemin. ( Bon, Aerith, Yuffie et Red XIII beaucoup plus déjà ). On pourrait même dire que c'est cet attachement voir ce rejet de "là d'où il vient" est ce qui perd Sephiroth là où Cloud va au delà.


Au-dessus des Gears, il y a les pays qui les déploient et une bonne partie de Xenogears se concentre sur les royaume d'Aveh et l'empire de Kislev aka -not Midgar-
Ce sont des pays légitimes dans lequel ont construis certains de nos alliés comme Bart ou Ricardo... Mais bon je me suis un peu ennuyé.
Si on met de coté le couple de héros, Bart retrouve sa famille et s'y conforte en en acceptant sa responsabilité, Billy, lui rejette au début son paternel avant de se réconcilier avec lui et finir son oeuvre. Tout comme Maria et Esmeralda qui elles aussi ont leurs entières tournées autour de leur père. Même Chu-chu finit par retrouver les siens alors qu'elle avait du mal à y croire ! Et si Ricardo avait eu un arc narratif ça aurait sans doute été autour de là d'où il vient puisque y'a toute une histoire autour en parallèle ! En vrai, seul Citan fait office d'exception remarquable mais lui a une autre fonction de toute manière.
Malheureusement, cette strate est sans doute celle que j'ai le moins aimé du jeu. Je veux dire, après l'intro super science-fiction de fou qu'on a au début, j'ai eu en tant que joueurs eu bien peu d'intérêt à participer à une guerre sur lequel on a, faut bien le dire, pas grand attachement. On finit même emprisonné à Kislev et c'est généralement cité comme le pire moment du jeu même si en vrai cette ville cyberpunk en rond séparé en secteur c'est euuuh carrément Midgard non ? Midgard avec les évènements pas dans le bon sens genre on saute sur un train en marche non pas pour s'enfuir mais pour aller quelque part et on essaye pas de faire sauter le réacteur mais au contraire empêcher son explosion ! Alors attention, il est plutôt connu que le scénario de Xenogears a été proposé pour être celui de FFVII et la légende raconte que cela fut refusé mais qu'on donna à Takahashi une équipe et deux ans pour le réaliser... Mais tout de même, je me demande vraiment si FFVII s'est pas beaucoup inspiré de Xenogears à un moment !

On commence à être dans une strate avec des leaders politiques, et du complot enfermant et rendant toujours plus petits nos personnages.
... Et ce n'est que le début !
Bref, après tout ça, on rejoint les pirates de la mer dans une phase de jeu beaucoup plus légère et rigolotte. En plus j'aime bien ça moi les pirates, pour ça que mon shonen préféré c'est Naruto. On y fait plus ample connaissance avec les Ethos d'ailleurs qui s'occupe de la religion locale qui apparait à différents endroits du jeu en permettant de mieux supporter la misère de ce monde. On fait aussi la rencontre de Billy et on aide à ranger des bouquins dans un orphelinat... Bon... Là on est au stade où le joueur impatient commence à se dire "Hey il est long ce CD1 non ?" voir carrément "Ouais alors c'est pas mal comme jeu à part le donjon des égouts mais je vois pas pourquoi tout le monde en dit autant de bien et j'ai déjà 40 heures au compteur parce que j'ai laissé ma console tourner".
Rassure toi petit joueur imaginaire, la strate supérieure arrive !
Strate 4 : Complotisme en haut lieu
Là, on commence à rentrer dans les méga spoils.
On apprend en effet peu après tout ça que les Ethos ne sont pas les gentils religieux éventuellement exorciseurs de monstres qui sont comme par hasard dans les deux camps et euh sont les seuls abilités à réparer les Gears tiens j'avais oublié ce détail. Non… Toute cette organisation à l’apparence religieuse existe pour de plus sinistres raisons : observer l’humanité, s’infiltrer au cœur de sa société afin d’entretenir cette guerre sans fin... Mais surtout empêcher les hommes de réaliser qu’ils vivent depuis toujours sous le contrôle d’une entité supérieure. Une entité à qui les Ethos envoient régulièrement données, ressources et esclaves : Solaris. Cependant à force de faire le sale boulot, ils ont fini par avoir leur propre agenda à vouloir se rebeller contre leurs maîtres et sans doute garder le monde pour eux mais cela a entraîné de sanglantes représailles. C'est ici que Billy verra son monde s'effondrer et comprendra que le père qu'il a toujours rejeté se battait en première ligne contre les Ethos qui s'étaient occupé de lui et la main-mise de Solaris.
Encore Solaris ? Mais c'est qui Solaris ? Y'avait pas que deux forces en présence ? M'aurais tu menti Haganeren ? Ben en fait, j'avais pas bien compris à ce stade mais Elly et les membres de son groupe militaire d'élite "Gebler" viennent d'une troisième force, Solaris. Et euh, en fait c'était plus ou moins dit dès l'intro mais ça nous balance tellement de truc que j'avais pas tilté, moi je pensais Elly elle venait de l'Empire, c'est méchant un Empire d'habitude ! Mais du coup j'avais tout faux, elle venait de Solaris et avait déjà lâché ce mot à un moment car Xenogears il adore faire ce truc consistant à te balancer un concept et d'en parler comme si tu étais parfaitement au courant de son existence ! Du coup j'ai vécu l'existence de Solaris au détour d'une conversation où j'étais censé avoir pigé ce que c’est depuis un moment ! Le pire c'est que si j'avais bien tout compris, j'aurais instantanément grillé que les Ethos sont globalement ULTRA suspicieux et que Gebler qui sort de nulle part c'est bizarre aussi mais vu que j'ai rien suivi ça m'a fait l'effet d'une surprise ! Alors je ne vous dit tout ça qu’à cette strate !


Elly vient de Solaris ! J'avais pas compris, je pensais qu'elle venait de l'Empire ! Mais oui il est dit que Gebler est une "force qui vient de nulle part" aidant Aveh.
Ch'uis désolé, si demain "Gebler" aidait l'Amérique on se demanderait quand même tous d'où ils viennent ces types. Ce serait la question numéro 1 !
Là, vu que personne les questionne euuuh ben j'ai pas tilté que c'était un mystère et j'ai découvert Solaris sur le tard...
Donc là, si on devait résumer grossièrement le scénario, toutes les guerres, toutes les machinations depuis le début du jeu sont des manipulations d'une entité supérieur "Solaris" qui a pour intérêt que la guerre ne s'arrête jamais. Donc là on est dans un pur scénario complotiste. Mais quels intérêts ? C'est en grimpant en haut de la "tour de Babel" une tour gigantesque qui est selon moi le meilleur donjon du jeu tant il donne l'impression de littéralement marché sur l'histoire de ce monde et d'élever son niveau de conscience au fil de l'ascension qu'on apprend pourquoi en atteignant la ville volante de Shivat. Il y a en effet bien longtemps, cette ville s'était rebellé contre la main mise de Solaris et en avait également payé le prix. Ils ont fini par s'émanciper de leur contrôle mais au prix d'un isolement par rapport au reste du monde. Oui Solaris ne pouvait pas les atteindre mais eux étaient pieds et poings liés contre leurs aggresseurs aussi !
Beaucoup ont observé à quel point l'atmosphère de Shivat ressemble à celle de Zael dans Chrono Trigger et c'est bien sûr très pertinent. Cependant ce qui me frappe personnellement c'est la démotivation totale de toute sa population passive. Certes, ils ne sont pas frappés de malheurs incessants comme à la surface, mais ils n'ont pas pour autant meilleurs contrôle sur leur vie. Ils savent qu'ils ne sont plus la force qu'ils ont été par le passé et attendent passivement le jour où la guerre reprendra et là, ils seront cuit... Ca pourrait bien être plus rapide d'ailleurs car des forces de Solaris ont pu pénétrer sans trop de mal dans Shevat à un moment et nos héros dû en assurer la défense ! Y a vraiment un effet où un truc parait incroyable jusqu'à ce qu'on aille dedans et en fait tout le monde est bidon.

Prenons de la hauteur par rapport au monde ! Shevat n'est pas la même coupure que son équivalent dans Chrono Trigger mais la vibe est similaire.
Hélas, les vérités sur le monde ne sont pas ici et les habitants ne semblent qu’attendre le retour inévitable de la guerre avec Solaris sans rien faire.
C'est à peu près dans cette période-là qu'on apprend ( ou que j'ai compris que ) l'humanité entière a un "limiteur" directement dans leurs gènes qui permet de limiter leur puissance afin de prévenir une rebellion... Bon, ça en est trop, si on veut faire cesser la guerre et les massacres mais surtout gagner une vraie liberté durable pour toute la population c'est clairement sur Solaris que l'on doit aller et après euh, une petite baisse de rythme où il faut trouver genre 3 "gates" de part le monde pour faire apparaître Solaris, on y parvient enfin. On y rentre par "la Ruche" nom donné à un quartier pour ses minuscules "chambres" en forme d'alvéole qui se placent les unes sur les autres. C'est ici que travaille d'arrache pied tous les esclaves de Solaris enlevés à travers l'histoire, le moindre mécontentement est puni par la suppression d'une alvéole pour une autre. Une vie entière de misère déshumanisante attendent ceux qui sont ici ou une désintégration dans le cas où ils voudraient s'échapper, une mort propre, sans cri, sans pleurs, comme si ces gens n'avaient jamais fait parti de l'histoire de ce monde.
Fort heureusement pour nos héros, Elly est une habitante de ce monde et même plutôt haute placée ce qui leur permet de sortir d'ici sans trop de problème pour enfin voir la société de Solaris, ce peuple supérieur pour lequel une planète entière se bat et.... Ca colle pas. La musique même de Solaris marque à quel point ses habitants sont ignorants de leur propre conditions. Ils vivent dans l'opulence, jouent aux maquettes et ont parfois une pensée pour ceux qui se trouvent en bas mais il parait évident que leur niveau de conscience de la situation est encore plus bas qu'un type de la strate 1.


L'entrée à Solaris se fait par la "Ruche" lieu où sont exploité tous les travailleurs dans des conditions abominables pour l'élite de Solaris.
Élite qui parait... Totalement déconnectée de quoique ce soit, c'est pas avec eux qu'on apprendra ce qu'il se passe !
Nan, je ne l'ai pas dit mais depuis le début du jeu on avait de mystérieuse scène avec des personnages tout aussi mystérieux comme cette espèce de boule disco avec des têtes de vieux sur des écrans sur ses faces que le nomme le "Gazel Ministry" le euh, Ministère de Gazel. Et Cain, un espèce d'empereur bizarre avec une tête de mort sur un grand trone qui semble avoir une relation... Spéciale avec Citan, si si vous vous souvenez le docteur qui explique tout le lore du jeu à chaque fois qu'on va quelque part tout en faisant croire qu'il est juste un médecin de la cambrousse ? Ben à un moment on le voit reporter à ce drôle de personnage ce qui fait que je l'ai regardé comme si ça allait être un traître pendant globalement tout le jeu.
Le mystère continu en entrant dans le laboratoire de Krelian… C’est pas « vraiment » son labo c’est une mauvaise trad de la version US mais admettons ça m’arrange de le présenter là. Krelian est un autre personnage mystérieux mais vachement moins qu'une boule à facette et une tête de mort du coup j'avoue j'ai pas fait gaffe. j'aurais dû, car on voit dans son laboratoire des expériences absolument terrifiantes notamment sur les demi-humains ! Les chercheurs sont manifestement capable de muter en "Wels" des créatures monstrueuses sans consciencequ'on a pu affronter de nombreuses fois à la surface. Cela signifie que tous ceux qu'on a combattu avaient été de vraies personnes à un moment donné et on voit beaucoup de ces malheureux dans des cages nous parler comme des personnes raisonnables avant de se transformer en monstres via la transition de combat. Un procédé qui me rappelle beaucoup comment JENOVA n’apparaît qu'après sa transition de combat dans FFVII et qui renforce, selon moi, la monstruosité. Avec ça, les créatures des deux jeux sont pas si éloignés que ça en vrai tout en ayant des roles dans l'histoire singulièrement différente c'est troublant.


Au fil du jeu, on a eu du forshadowing à travers plusieurs personnages étranges. Celui de Gahrf par exemple semble nous pousser vers la violence.
Le Gazel Ministry lui complote surtout dans l'ombre mais quel est son objectif ?
Reste qu'on apprend que tous les demi-humains du monde ont été créé en ces lieux et peuvent manifestement se transformer en monstre d'un simple signal de Solaris, voir pour être transformé en ration qui sert à nourrir la population de Solaris ! Carrément ! Et tout ça juste pour avoir une main mise totale sur une planète ? Dominer le monde en somme ?
Ah ah ah ah....
Même pas.
Fei, s'enfonce plus profondément dans le laboratoire avec Citan et Elly et commence à s'étonner que euh Wesh Citan le docteur de la campagne il a des accès au laboratoire super secret d'une ville giga secrète qui a demandé à détruire 3 gates à travers le monde pour la faire apparaitre. Ca commence à faire beaucoup.... Mais pile à ce moment-là...
*clack*
La lumière s'éteint

C’est parti
Strate 5 : Tu redeviendras poussière... Ou autre chose.
Fei et toute l'équipe en général est fait prisonnier pendant un temps et sont entre les mains du ministère de Gazel et tout s'est bien sûr déroulé selon leurs plans. Il s’agit d’anciens humains extrèmement vieux qui ont eu leurs consciences transférées dans un ordinateur en attendant d'avoir des corps absolument parfait et assister au grand évènement. Quel grand évènement ? Fei perd connaissance, commence à se perdre lui-même, depuis le début du jeu il a des flashbacks comme d'une autre vie où déjà, il peignait une femme qui ressemblait à Elly, et encore une autre où il est en blouse blanche dans un laboratoire. Et qui est cette "chose" violente qui sommeil en lui et qui semble s'appeler "Id" ?
Après une tentative d'évasion un peu foiré, Id prend possession du corps de Fei et appellera son mecha à distance sur boosté par une force inconnue. Là, il fera un Burst d'énergie qui euh ça déglingue l'intégralité de Solaris. Oui, toute la structure avec ses ouvriers qui travaillaient sans relache, sa bourgeoisie arrogante, naïve et se sentant supérieure moralement ainsi que tout ce qu'ils ont pu produire commme culture. Tout le monde meurt hors de l'écran dans un bruit de froissement de tôle à la limite du comique. Tout cela n'a à son tour plus d'importance... Et rassurez-vous pour les parents d'Elie, ils avaient déjà été tués par d'autres évènements avant que ça arrive car oui je ne vous raconte pas tout !


Une chose violente prend le contrôle du corps de Fei, c'est Id ! Qui est-il ?
En tout cas le type il a fait un burst et ça a explosé la totalité de Solaris d'un coup, pas solide leur truc !
Et c'est à peu près là qu'on passe-enfin-au CD2, que Xenogears prend son célèbre changement de ton dans lequel il n'y a plus de scène cinématique, plus de village et à peine quelques donjons et combats, le gros du scénario étant tout simplement raconté... A l'écrit ! Ce qu'il s'y dit semble irréel par ailleurs, la destuction de Solaris ne semble pas avoir des masses contrarié les mystérieux personnages du début du jeu qui continue à conspirer les uns contre les autres mais surtout, on approche enfin de la vérité de ce monde c'est à dire la catastrophe originelle qu'on a aperçu dans l'intro et je dois dire que j'ai BEAUCOUP attendu pour ça. Quand j'ai enfin vu le vaisseau de la colonie spatiale sortir de la mer en tant que continent oublié j'ai été un peu sentimental tant j'attendais ça depuis longtemps. Pas depuis le début du jeu hein, mais depuis plus de 20 ans, quand j'avais vu la cinématique de Xenogears "ouah c'est génial" mais ait été intimidé par l'anglais que je ne maîtrisais pas à l'époque puis ennuyé par sa première partie que je trouve sans grand intérêt.
Du coup ouais, ENFIN on y arrive et autant il est évident que le CD2 avait plus autant d'argent, autant j'aurais vraiment aimé échanger ces deux donjons de la chasse aux omnigears qu'on a dans le CD2 et qui me semblent pas fondamentales contre une exploration de ce vaisseau qui est à l'origine de tout et qui a pu être un lieu de vie à un moment donné... En effet, la révélation vertigineuse est que toute la vie humaine sur la planète de Xenogears part de cet incident spatial qui ne fit aucun survivant mis à part la "chose" qu'elle transportait en cachette, une arme militaire consciente qui a tout fait pour échapper au contrôle de ses créateurs. Ici, sur cette planète isolée et sans personne pour la restreindre, elle se mit à créer l'humanité toute entière avec un seul but : celle d'un jour faire revenir leurs chairs à lui pour constituer son corps et ainsi renaitre en tant qu'arme galactique qui repartira dans les cieux. Pour ce faire il créa une première femme pour engendrer l’humanité et lui donner la matière organique suffisante pour le remettre d'aplomb. Cette femme c'est la femme nue qu'on a vu dans l'intro ! La mère de toute l'humanité !


A partir de là, la narration devient écrite, parfois comme un Visual Novel, d'autres fois comme un journal intime et parfois même comme une pièce de théâtre.
C'est dans ce moment irréel qu'on apprend que toute l'humanité a été créé par une intelligence artificielle "Deus" crashé sur la planète à travers la femme vue dans l'intro... Ouah...
Une humanité dont l'individualité n'était donc pas spécialement souhaité par ce "Dieu" mais nécessaire seulement pour leur prolifération. Ce n'est pas que les demi-humains qui peuvent se transformer en horrible créature dénué de raison mais bien l'humanité toute entière car c'est en réalité leur "véritable" forme, ce pourquoi ils ont été créés. Il fallait juste attendre le bon moment, ce moment où la masse organique sur la planète serait suffisamment importante pour que "Dieu" puisse se recnstruire. C’était le moment qu’attendait le ministère de Gazel et leur grand plan.
On se demandait d'où on venait, voici la cruelle réponse de Xenogears.
Strate 5 encore : Déterminisme mortifère.
Pensez à la strate 1, aux simples villes avec ses couloirs trop étroits, avec des humains aux problèmes basiques, au fonctionnement de leurs états, de leurs guerres et de tout ce qui a été créé "pour rien". Est-ce que tout cela ne parait pas insignifiant maintenant ? C'est d'autant plus fort qu'à ce stade ça fait plusieurs heures qu'on lit un Visual Novel et plus longtemps qu'on a pas parlé à un PNJ normal. Là, on nous raconte les efforts que fait une Elie sacrificielle pour tenter de guérir les transformations de l’humanité maintenant que leurs limiteurs a été enlevé mais cela semble peine perdu maintenant que Deus envoie ses anges.... Ils ont déjà de la chance qu'aucun du groupe des héros ne se soit transformé !


Dans ce monde, les humains ont été créé et existent pour une raison et c'est celle de former la matière organique de "Deus" et lui permettre de partir dans l'espace.
Tous reprennent leur véritable apparence de monstres sans conscience pour être assimilés à Lui. Leur individualité ne valait rien face à ce dessein cosmique.
"You will be as god" qu'il disait...
Mais tout de même, penser que dans l’univers de Xenogears l'invention d'une simple super arme qui peut s'auto réparer a créé à terme un monde entier a son image c'est à dire un monde qui n'est que guerre et conflit, c'est un dieu "guerre" qui a créé un monde de guerre basiquement, ça force à la réflexion ! Un parallèle assez amusant peut être fait avec ce que j'ai entendu de la Torah et le fait qu'elle n’était pas monothéiste de base et aurait possédé tout un panthéon. Ce serait une branche qui a décidé de se concentrer sur un Dieu unique Yahweh qui se trouva être le dieu de la guerre / des armées ce qui explique un peu son ton euh vindicatif dans l'ancien testament.
Bref, en créant une humanité, il a créé des conflits à n'en plus finir, des civilisations entières, des individualités, des drames mais aussi "de l'amour". Ca euh j'en ai pas trop parlé et en vrai je ne m'y attendais pas, y'a une ÉNORME dimension romantique dans Xenogears. Et pour cause le déterminisme exacerbé qui fait que tous les êtres humains n'ont en définitive qu'un seul but s'accompagne très bien du concept de réincarnation et Elly et Fei ont toujours été ensemble quelque soit l'époque de ce monde... Et ce monde est TRÈS dense, Deus ne l'a pas créé hier ! Il y'a eu une l'époque des débuts qui fait biblique car on dirait limite que la Terre est pas totalement formé, on a une époque qui ressemble un peu à nos années 40 où Fei est professeur et que c'est parce qu'il ne pouvait pas faire d'enfant avec la Elie du coin qu'il en crée une in vitro., on a l'époque de la guerre Shevat vs Solaris où pareil ils s'étaient retrouvés pour combattre et bien sûr l’époque du présent.

Tout dépasse les personnages, même la romance d’Elly et de Fei n'est que l'une des nombreuses fois où ces deux êtres se sont réincarnés à travers l'histoire.
Ca donne une vraie dimension romantique à Xenogears et cette image de l'ancêtre d'Elly et Fei fuyant l'empereur dans une période antique parait vertigineuse.
Cela évoque Adam et Eve, cela évoque des récits mythologiques oubliés et puissants mais sur lequel on n’aura jamais totalement l’origine.
Pour être honnête la dimension romantique de Xenogears m'a rappelé ce que je reprochais à Final Fantasy VIII à savoir que la relation privilégié des héros occulte en partie le reste du cast qui est pas super intéressant une fois passé leurs arcs. Genre y'a des persos on sait à peine pourquoi ils sont encore là à ce stade... Et ça comprend un peu Elly notre héroïne ! Au fil du jeu je l'ai de moins en moins aimé, je lui reproche les mêmes choses que Rinoa dans FFVIII justement c’est-à-dire qu'elle m'a toujours donné l'impression que toute son identité a été créé pour être un stéréotype idéal de femme plus qu'un vrai personnage à part entière. Elle est belle, elle est douce, elle est naïve, elle est "capricieuse, car elle aime son homme", elle est forte ou faible selon les besoins et le seul truc qui la différencie à savoir d'être quand même une militaire part finalement bien vite car "ce n'est pas sa nature". Elle me semblait être n'exister qu'en tant que complément à Fei. Son propre statut élevé et extérieur s'opposant et complétant même la force de Fei qui est martiale et interne.
Et pourtant même là-dessus Xenogears me surprend lorsqu'il nous apprend au détour d'une révélation qu'Elly a justement créé spécifiquement par une force supérieure ( on y reviendra... ) pour plaire à Fei ! Et elle a été créée en fonction de ce qu'il avait besoin de trouver chez une mère et qu'il n'a pas pu avoir car cette dernière l'a traumatisé (!). Y'a un coté.... Un peu répugnant à entendre tout ça. Comme si il y avait aucune sacralité même dans cet amour qui a juste été fabriqué par un ordinateur selon de froides données. Comment Fei peut encore croire à la sincérité de quoi que ce soit après ça ? Et même après sa propre histoire ?

J'ai pas aimé Elie, de forte soldate je trouvais qu'elle devenait une caricature de féminin sacré, belle douce, naïve, sacrificielle, "capricieuse" de ses propres mots.
.... Et ça fait partie du jeu ! De fait, Elly a été créé afin de plaire aux besoins maternels de Fei ! Même cet amour en devient artificiel !
Oui d’ailleurs Fei parlons en, car s’il avait pu nous apparaître comme un gentil pacifique un peu idéaliste dans cette incarnation ce n'est pas que grâce à ses valeurs... Mais bien parce qu'il a toujours refoulé sa propre violence au fond de lui-même. Cette violence c'est "Id", représentant les souvenirs refoulés d'une enfance traumatique. Une enfance donc où sa mère qui avait été une génitrice aimante est aussi celle qui l'a abandonné avec une froideur désarmante à des expériences une fois avoir appris que Fei était particulier. Des souvenirs d'abus très douloureux qu'il a préféré refouler tant tout paraissait normal lorsque son père rentrait à la maison jusqu'au jour fatidique où quelque chose alla trop loin, et qu'il tua sa propre mère...
Là, les souvenirs à refouler furent trop insoutenables et une nouvelle personnalité s'est créé au sein de Fei avec le nom de "Id" où le "Ca" si on devait traduire en français ce concept freudien. Fei ne se rappelait bien sûr plus de ces évènements mais quand une violence devient trop insoutenable, "Id" a tendance à sortir, surpuissant, et à tout détruire sur son passage laissant Fei dans l'incompréhension par la suite.


Fei éclaboussé du sang de la mort de sa mère qu'il aurait lui même tué suite à la maltraitance qu'il subissait. Toute la violence de "id" venait de là.
Cette image je l'avais souvent vu sur les forums et je sais enfin d'où elle vient
Strate 5 toujours : Vertige Cosmique
Là, si on s'arrête sur ces révélations et qu'on regarde en arrière sur toutes les strates précédentes, il y'a un véritable vertige pour moi qui s'opère.
Tous les combats qu'on a menés jusque-là ? Créés artificiellement pour occuper les gens.
La religion ? Une mascarade créé pour garder l'espoir dans les masses.
L'obtention de la liberté ? Superflue au vu de la véritable nature de l'humanité entière qui se transforme tous en monstre depuis le début du CD2.
Les valeurs de pacifisme auquel notre protagoniste croit ? Rien de plus que la réaction à un évènement traumatique.
L'amour ? Même l'amour ? Une expression d'un inceste refoulé.
Dieu ? Oui même ce Dieu qui les contrôle n'est qu'une arme inventé par des mecs y'a 10000 ans qui ont laissé traînés leurs affaires ! Même sur ça y a aucun respect !
Ah là oui, Xenogears va loin dans le nihilisme... C'est vraiment ce rapport d'échelle qui m'a le plus impressionné dans le jeu et ce pourquoi cette review est écrite en "strate". J'essayais vraiment de faire ressentir à quel point tout parait insignifiant quand on est si haut.

Rien n'a de valeur dans ce monde, les combats que l'on a menés, la foi qu'on pouvait avoir, l'amour qu'on a porté.
Xenogears est dans le nihilisme ultime.
Ce que je trouve très fort avec cette thématique c'est qu'elle englobe même les défauts du jeu genre oui, effectivement je trouve le début du scénario innintéressant au possible et... D'une certaine manière oui. De fait rien n'a d'importance devant une telle révélation ! Et je pourrais continuer ! C'est clair que j'aurais aimé voir la transformation des villes après que les humains aient commencé à muter, ça manque vraiment de ne pas l'avoir, car on est "en haut" depuis si longtemps que limite on les a un peu tous oublié... Alors du coup, quand les anges débarquent en sonnant la reprise des mutations et des absorptions de l'humanité limite on s'en fout. On arrive même plus à concevoir ce que ça fait comme morts et comme malheurs ! On est à l'inverse d'un Kiseki, on est détaché du monde et maintenu dans un état de désenchantement limite similaire à celui qui permet aux méchants de commettre leurs atrocités. Et d'ailleurs, vu que le jeu n'était pas spécialement agréable à jouer pour plein de raisons ( souvenez-vous ce petit temps avant le saut, combat aléatoire quand tu ouvres une porte je m'en remettrais jamais, couloirs vides, caméra qu’on doit toujours replacer ) j'étais même plutôt HEUREUX que le jeu soit raconté en VN, qu’on ne joue pas cette partie « directement » et qu'on m'épargne une revisite du monde pour trouver les 2 Animus manquant ou je sais pas quoi.
C'est amusant ça en fait, car c'est sans doute pas un truc voulu par les devs mais toute cette mise en scène du CD2 semble dans la continuité du coté "vite expédié" des péripéties qui est classique pour un J RPG de cette époque et quand il nous permet de jouer un petit donjon de temps en temps, je me sentais limite trahi. On est limite devenu une entité trop consciente pour s'abaisser à jouer, pour se salir les mains dans un donjon à ce stade ! D'autant que le choix de ce qu'on joue et de ce qu'on joue pas m'est même paru contestable. En tout cas quand on joue pas, le scénario est soit raconté à la première personne, à la troisième mais aussi parfois comme une forme de pièce de théâtre. De fait, cette mise en scène nous éloigne encore plus du scénario, de ce monde, on y croit moins on s'en... Désenchante.


Les évènements continuent de tourner durant les révélations, Elly sacrifie part de sa chair pour soigner les métamorphoses ce qui la rend quasi divine.
Les héros se font capturer et crucifier mais on se sent assez éloigné de ces évènements tous comptés comme des pièces de théâtre.
A quoi bon ? Les anges descendent de l'arche de Dieu pour achever le travail d'assimilation de Deus. On ne jouera pas cette partie.
Le même désenchantement dans lequel semble être plongés les antagonistes que l'on a croisé depuis le début... Comme Gahrf par exemple ! Qui semblait dans une quête perpétuelle de plus de puissance pour détruire le monde. Et là, on comprend un peu pourquoi car dans un monde où tout est faussé, où rien n'est sacré et où la liberté et l'individualité est absente. A quoi bon tenter le faire perdurer ? Il ne vaut rien ce monde, il faut le détruire ! Et la force pour lui est un absolu auquel il peut encore croire.
La réponse de Krilian elle est plus mesurée. Il partage le désenchantement d'autres antagonistes mais croit encore pouvoir trouver "un dieu" ou en tout cas quelque chose d'"absolu"... Et il pense avoir trouvé la réponse.


J'en ai vu des méchants comme Gahrf qui veulent détruire le monde car il est pourri à la moelle mais rarement je l'ai autant ressenti comme légitime.
Krilian lui est différent, devant l'absence de Dieu il souhaite encore le trouver, le créer, il a besoin d'absolu et ça en fait le grand antagoniste.
Strate 6 enfin : Et au delà... Les vagues du Zohar
Il existe une dimension encore au delà de tout ce qu'on connait, une dimension d'énergie infinie sur lequel est directement branché Deus. Il est la raison les humains peuvent utiliser la magie. ( oui ça aussi c'est désacralisé ), la raison pour laquelle les Gears peuvent bouger ( mais manifestement pas attaquer parce que le fuel peut tomber à 0 et bloquer toute notre progression… ). Cette dimension d'énergie, on y accède à travers le "Zohar" qui, dans le jeu, est simplement présenté comme un générateur révolutionnaire capable de puiser dans cette énergie infinie ce qui est nécessaire pour alimenter une arme aussi terrible que Deus. Lors des différents tests effectués sur le Zohar, une entité finit par se faire emprisonner à l'intérieur du module sans que les ingénieurs n'en sachent quoique ce soit : cette présence se présente alors sous le nom de "Wave Existence". ( Existence des ondes )
C'est par hasard que le jeune Abel, l'ancêtre originel de Fei est rentré en contact avec lui en laboratoire dans la colonie spatiale. Et c’est à ce moment que le Zohar finit par lui passer un tiers de son existence ainsi qu'un autre tiers à Elayne, l'ancêtre d'Elie qui fut la mère de l'humanité entière créé par Deus. La Wave Existence depuis le Zohar n'avait qu'un seul but : être libéré, et c'est pourquoi il prit contact avec cet humain ( tout le monde appelle Fei "le contact" depuis littéralement le début du jeu ) en plaçant un tiers de son existence dedans. Le malheureux enfant voulant retrouver sa mère ( déjà à l'époque ) c'est ce qui entraina la fabrication de l'Elly originel qui partagera la seconde moitié. C'est ce qui fait que ces deux êtres se retrouvèrent toujours à travers les âges pour combattre Deus.


Même le Dieu de cette planète a une strate au dessus de lui : ZOHAR. La porte vers une dimension d'énergie perpétuelle qui permet son fonctionnement.
Ce que n'avait pas prévu les créateurs de Deus, c'est qu'en se connectant à cette dimension cela aspira une entité consciente : la Wave Existence.
C'est son désir de retourner dans sa dimension en faisant détruire Deus qui fit qu'il donna ses pouvoirs à Fei et à Elly.
Par un procédé que je ne vais certainement pas vous narrer, la mère originelle devint aussi une autre entité du nom de "Miang" elle totalement soumise à Deus. Une femme froide qui a toujours manipulé l'humanité dans l'ombre. La particularité de Miang est qu'elle pouvait s'incarner dans n'importe quel femme vivant déjà, effaçant leur première personnalité, elle est la raison du changement totale de personnalité de la mère de Fei. Et la raison pour laquelle Elie elle-même se retourna contre Fei à un certain stade ce qui l’entraîna dans le désespoir. Bon là comme ça y'a un coté littéralement misogyne à imaginer que "toutes les femmes de l'humanité peuvent devenir cette chose sans morale" à tout moment mais j'aime à penser qu'en terme de métaphore, Fei retrouve soudainement chez Elly dont il est tombé amoureux des choses qui lui rappelle le traumatisme de sa mère.
Et ce n'est qu'en acceptant le souvenir de sa mort que Fei voit que juste avant le moment fatidique, sa mère était redevenue elle même, qu'elle l'avait toujours aimé. Que les gens ne sont pas si simple. Et c'est à partir de cela qu'il se reconstruit, qu'il répond au nihilisme des antagonistes. Car en fait c'est pas vrai, on a pas parcouru toutes ces villes pour rien, on a pas entendu tous ces gens pour aucune raison, et on a une vraie compassion pour eux. Sans doute que cette humanité n'a pas la pureté qu'on aurait pu espérer... Et alors ? "C'est ce qui nous rend humains" comme le dira Fei. La religion n'était peut être qu'une illusion de la strate 3, c'est pourtant dans la spiritualité que Fei trouve la force d'aimer ce monde pour ce qu'il est.


Même si l'humanité a été créé pour un destin, elle a tout de même assez de valeur pour ne pas le suivre.
Même si cette religion a été fabriqué, une spiritualité interne est toujours possible
Même si l'amour que se porte les héros a été artificiellement manufacturé, il n'en reste pas moins véritable.
Xenogears c'est retrouver du sens quand il y en a plus.
Dans le fond, la strate 7 est un moyen scénaristique bien pratique pour que le héros ait la force de s'opposer à Dieu lui-même. D'ailleurs, si Krelian semble persuadé que la "Wave Existence" est le Dieu qu'il a toujours cherché, rien ne permet de le penser. C'est peut être simplement un habitant de cette dimension supérieure et peut être que les strates peuvent encore s'accumuler de façon toujours plus vertigineuse ! Mais pour ce jeu en tout cas il est temps de redescendre.
Strate 1 : Retour au campement
Après avoir trouvé ces réponses, le joueur est enfin libéré du format du visual novel pour pouvoir explorer le monde une dernière fois avant la dernière confrontation avec Deus et... Ca fait un bien phénoménal. Non pas que je déteste les VNs bien sûr mais Fei se retrouve dans une base ( en vrai c'est Shivat qui s'est écrasé sur Terre ça se voit ) qui concentre la majorité des survivants de l'humanité et... Après plus de 15 heures de pièces de théâtre où on montre des horreurs, des trahisons, du désespoir, des coups montés c'est incroyablement satisfaisant de juste parler à des gens normaux, de se souvenir pourquoi on aime ce monde. L'effet n'est sans doute pas voulu, mais il est fabuleux.


Après des heures de révélations et de reprise de soi... Reprendre contrôle de son personnage dans cette base de survivants fait l'effet de la fin d'un cauchemar.
Oui, les gens parlent de leurs souffrances mais des enfants font de la luge, une salle est remplie de chat parce qu'on ne voulait pas partir sans eux...
On retrouve la légèreté des villes Squaresoft dont on parlait au début et c'est thérapeutique !
L'ambiance n'est pourtant pas si joyeuse, on sent que ces gens ont vécu un drame... Mais on retrouve aussi l'écriture un peu rigolote de Squaresoft avec cette salle remplie de chat, car la petite fille voulait pas fuir sans les avoir tous ramenés, on voit des mômes qui font de la luge à un autre endroit et on revoit même ce bon captaine des pirates de la mer qu'on avait rencontré bien avant toute cette apocalypse ! Lui aussi il a perdu des gens qu'il aime, et il continue à rigoler ! Tu vois comme c'est pas si dur Krelian !
Tout ça me montrait la réponse de Fei avant même de battre le dernier boss. On aime tout ce beau monde même si ils ont été créé y'a un millions d'année par une IA folle pour repartir dans l'espace et que ce sont pas des vrais gens. On aime Elly même si c'est une femme idéale crée par une créature d'une dimension supérieur pour te pousser à te joindre à elle. Et on continue à avoir la foi même si Dieu est une invention par une cité complotiste qui veulent nous entrainer à faire la guerre pour leurs comptes personnel... Car même si l'église et l'organisation étaient pourris, même si Dieu a été fabriqué, même si tout cela n'a pas de sens, c'est encore une fois bien dans la spiritualité et dans le fait de croire dans quelque chose de plus grand en eux même que certains personnages trouvent la paix... Et la force d'abttre Dieu ce qui se fait dans un gros combat typique de l'époque qui aurait pu être plus épique pour être honnête mais quelque part cela convient aussi à la réponse du jeu.

Quelque part, tout a été dit et le dernier boss est étonnamment peu remarquable.
On sait ce qu'il veut et on sait pourquoi on est pas d'accord... Parce que nous, on a commencé à la strate 1 !
J'avais fini Xenogears
Retour à la surface
Et bien oui, quel jeu tout de même !
Et un véritable connaisseur du jeu aura sans doute relevé à quel point je simplifiais voir carrément supprimais certains pans du scénario parce que beeeeen c'est si dense ! L’idée de base de l’article était de reprendre un commentaire Discord que j’avais produit juste après avoir fini le jeu en me disant que l’agrémenter ne prendrait pas trop de temps. Erreur ! Là l’article parait déjà si gros alors que j'ai laissé plein d'aspect de côté comme euh, tous les rapports avec la religion gnostique ce qui prouve que je suis une fraude. Et puis même par rapport aux autres jeux de Square par exemple qu’on a fait qu’effleurer en début d’article et que ce très intéressant article met beaucoup plus en valeur ! De mon côté, c’est vraiment le rapport à FFVII qui m’a paru éclatant, notamment avec la séquence d'introspection de Fei et de Cloud sont super similaires mais avec une conclusion limite opposée ( Fei y accepte sa violence, Cloud y accepte ses erreurs )... Et tout cela me fait penser que je ne souhaite qu'une chose à la fanbase de Xenogears c'est que Nomura n'essaye jamais d'en faire un remake sur trois épisodes ! Je sais que vous avez toujours répété que le jeu n’est pas fini mais croyez-moi, ce CD2 est parfait comme il est !
En cela, je vois aussi tout un pan de la fanbase de Xenogears qui ont été touché par cette thématique de façon différente. Pour un adolescent fan de J RPG pas forcément bien intégré, Xenogears parle -limite sans le faire exprès- de quelque chose de plus universel qui est la perte de sens. La perte de tous nos repères, de la démotivation, ce qui est... Assez proche de ce que peut ressentir beaucoup de gens dans un état plus ou moins dépressif. Et c'est là-dedans que Xenogears se permet de répondre en brisant des cycles de douleurs avec des réponses certes faciles comme "faire quelque chose vaut toujours mieux que de ne rien faire", "ce n’est pas grave si tu ne te sens pas entier", "tu n'as pas à justifier pourquoi tu aimes ce que tu aimes et tu peux le continuer", "tend la main vers autrui". En déconstruisant l'intégralité de son monde, Xenogears donne un message moins spécifique que chacun peut réinterpréter à sa situation et c'est sans doute ce qui a raisonné chez tant de gens.

Xenogears a touché un public de niche qu'il a absolument passionner par sa quantité astronomique de contenu et son ton très différent du reste des J RPGs !
Au delà de ça, il est assez abstrait dans son propos pour parler d'un héros perdu dans un monde sans sens et comment il reprend pied... Et ça, c'est beau.
D'ailleurs, c'est aussi de sa plus grande qualité que vient son plus gros défaut à mon sens : Je trouve Xenogears nombriliste par rapport à son protagoniste et les autres personnages n'ont en rien la même profondeur que lui ce qui donne l'impression d'une séparation toujours très présente entre le héros, toujours un peu à part et les autres. C'est pas un petit inconvénient d'ailleurs mais quelque chose de logique quand on voit les inspirations de l'oeuvre. Ainsi Soraya Saga co-créatrice de Xenogears ayant malheureusement récemment arrêté sa carrière dans des circonstances pas marrantes dit dans cette interview de Siliconera que le projet a ses bases fondées autour des oeuvres de Nietzche, Freud et Jung "qui faisaient justement partie des intérêts communs que je partageais avec Takahashi" comme elle le dit elle même.
Des philosophes permettant de rejoindre des questions comme "d'où venons nous" "où allons nous" mais qui surtout s'attarde sur le psyché de l'homme... d'où ce côté introspection qui se centre beaucoup autour de Fei. Si j'étais taquin je pourrais dire que sans personnellement connaitre Jung, j'ai tout de même pu voir comme Nietzsche et Freud sont très centrés autour de l'homme au détriment de la femme avec beaucoup de justifications dans son patriarcat... Et que du coup ça m'a pas choqué de ressentir encore plus cela que d'habitude dans l’œuvre de Xenogears faisant un parallèle et une distinction totale et absolue entre l'homme et la femme jusque dans ses mechas avec ses histoires d'Animus et Anima ( qui viendrait de Jung d’ailleurs on me souffle à l’oreille ). Une dualité pas négative pour un sou pour le jeu puisqu'elle transcende toute l'humanité dans une idée de complémentarité... Bon. Vous l'aurez deviné, c'est la partie où j'accroche le moins, celle qui me fait le plus lever les yeux au ciel et qui me donne un petit blocage à l'appréciation totale de ce que raconte Xenogears.


J'ai eu personnellement plusieurs blocages à l'appréciation totale de Xenogears, j'ai parlé du gameplay, du scénario que j'ai mis du temps à trouver intéressant.
Mais aussi d'un certain "machisme" général avec son insistance sur la complémentarité femme / homme de leurs natures profondes qui les essentialise totalement.
Ellie et Miang sont comme deux idées du féminin diamétralement opposés qui composent "la femme originelle" c'est euh pfff oui bon.
À part cela bien sûr, il faut bien comprendre l'impressionnante PROFONDEUR que peut avoir un Xenogears en 1999 profitant à la fois du fait que les scènes ne soient pas encore trop chères à produire ( pas de voice actor, d'animations complexes pour les personnages ) et en même temps d'un propos infiniment plus complexe que ce qu'on voyait sur le moment ! J'en veux pas au fan de J RPG de RPG Legends qui venait me voir en me disant "oui bon tes jeux c'est bien gentil mais Xenogears c'est quand même le meilleur scénario du monde", il avait de sacrés arguments !
Mais là où je m'oppose un peu à ce que raconterait un vieux thread GameFAQs sur le sujet, c'est que même si on voit à quel point l'équipe a souffert du manque de temps. Même si on peut aimer ou ne pas aimer la manière dont est raconté le jeu en CD2 ou regretter que Takahashi n'ait pas réussi à faire sa saga à la Star Wars en 6 épisodes... Je pense personnellement que Xenogears est proche de la meilleure version de ce qu'il pourrait être de lui-même. La grande force de Xenogears pour moi c'est vraiment qu'il ait la puissance massue de plus de 6 épisodes ( 4 en réalité ) dans un seul jeu et que la gestion de cette densité vertigineuse soit directement dans son propre propos ce qui donne au tout une cohérence fabuleuse. Donc si on avait eu un jeu séparé en deux comme prévu à la base du développement, je pense qu'on aurait perdu beaucoup de la force du jeu.

Xenogears aurait pu être que le 5e épisode d'une saga de 6 oeuvres ! Certaines comme le 2e utilisant d'autres médias que le jeu vidéo... Mais Square Enix a refusé.
Alors Takahashi rentra de force les épisodes 2,3 et 4 dans Xenogears à travers des flashbacks pas clairs... Ce qui participe à sa profondeur vertigineuse !
Moi je pense que Xenogears en serait devenu bien moins fascinant sans cette décision.
Conclusion
Xenogears c'est à la fois le RPG Squaresoft dans toute sa splendeur mais également celui qui les dépasse en proposant de lier toutes ses traditionnelles péripéties rigolotes autour de thématiques fortes, un lore ultra vertigineux mais surtout la conscience d'utiliser des concepts philosophiques. ( Tous les scénarios utilisent des concepts philosophiques mais tous n'ont pas non plus la conscience de le faire). Bien sûr, il sera souvent dit qu'un Xenogears 2 a été refusé par Square à cause des mauvaises ventes du premier ( qui se confrontait à FFVIII aussi... C'est du sabotage ! ) et nombreux sont les threads des fans regardant le Xenogears Perfect Works et imaginant ce que ça aurait été. Si on aurait vraiment pu avoir 5 jeux Xenogears se jouant tous aux époques différentes d'un même monde avant de délivrer son twist final... Et si l'idée que "plus c'est forcément meilleur" est séduisante, une partie de moi se dit que ça aurait peut-être rendu le jeu moins mémorable... Dans le cas improbable où il aurait été terminé.
Takahashi continuera à produire d'autres jeux de la série "Xeno", je connais très mal Xenosaga que j'ai commencé très vite fait en écrivant cet article pour le rire et j'ai surtout fini Xenoblade. Jeu sympathique qui partage certaines de ses thématiques avec Xenogears mais en les rendant tout de suite accessibles. L'idée même que l'univers entier des protagonistes se passent sur le corps d'un mecha suspendu dans le temps depuis des millions d'années donne une visualisation directe de ce vertige cosmique que ce visuel de gigantisme nous impose... Mais ça c'est le génie Nintendo, ils arrivent en un visuel à tout de suite rendre accessible une notion que Xenogears met tout de même tout un jeu entier à construire... Bon en moins puissant c'est vrai mais tout de même....



Les 4 scénaristes "connus" de Xenogears, Tetsuya Takahashi, Soraya Saga ( vrai nom Kaori Tanaka ), Masato Kato et Takashi Tanegashima.
Si Takahashi et Saga sont le couple derrière le gros de l'histoire, ça reste très compliqué de savoir qui a écrit quoi, avec même des passages par d'illustres inconnus !
Le fourmillement de Xenogears vient aussi de la liberté laissée à tous ses scénaristes. Plus de détail dans ce fantastique article difficilement simplifiable.
Hélas malgré le ton enthousiaste de l'article je ne reste pas le plus grand fan du jeu. Au-delà du vertige qu'il inflige et de son nombre hallucinant d'idées qui me hurlent d'être approfondies j'arrive à trouver des propos similaires dans d'autres jeux sans avoir besoin de me farcir des villes et des plotlines sur lequel j'ai aucun intérêt avant que, finalement, au bout de 30 heures, le jeu accepte enfin de nous faire décoller. J'en ai parlé mais le côté macho de Xenogears m'a beaucoup laissé de froid et malheureusement j'ai pas vraiment aimé la majorité de ses personnages que je trouvais trop effacé. La forme de sa narration consiste aussi souvent à attendre qu'un "type qui sait" te raconte des choses. Du coup on va de prof en prof et le méchant à la fin c'est un prof... Vraiment pas un type de narration que je trouve super engageant.
Sur ce point il diverge fondamentalement d'un FFVII qui se concentre limite plus sur les péripéties du présent plutôt que te raconter le passé comme dans un cours magistral. Et attention, vous aurez bien compris que je ne parle pas du CD2 qui justement outrepasse tous les codes établis jusque-là pour créer un sentiment très spécial par opposition au reste du jeu. Je parle davantage du CD1, de persos comme Citan qui ne font que t'expliquer encore et encore et encore "ce qu'il se passe", "ce qu'il faut faire" et ça dure pff tout le jeu avant que Fei reprenne la main sur sa vie et notamment sur Id juste avant le boss final. Je ne dis pas non plus qu'il aurait fallu faire du "show don't tell" partout, mais plutôt que Fei ait parfois plus le rôle de "déducteur" plutôt qu'éternel élève... Mais peut-être est-ce la conséquence des histoires coupées du jeu notamment le passé tragique de Citan qu’on a jamais eu et qui me l’aurait plus fait passer pour un vrai personnage.









Xenogears est un jeu difficile à résumer. Si vous avez l'impression que je vous ai tout dit détrompez-vous lourdement ! J'ai laissé PLEIN de choses de côté.
Les pirates des mers, Ce bon Ramsus et ses "Elements", les différentes périodes, ce pauvre Hammer, les mechas, Citan qui te fait bouffer des trucs chelous...
Nan vous pouvez y aller !
Bref, ces reproches ne m'ont heureusement pas empêché d'aimer profondément Xenogears, grâce aussi à son incroyable mise en scène et son écriture typique de l'époque et je pense même l'avoir fait à une période idéale de ma vie pur l'apprécier pleinement ! Je ne sais pas si je vous aurais convaincu d'essayer mais croyez-moi, je suis loin d'avoir tout dit, la densité de Xenogears ne se dompte pas comme ça !
Les images de cette article proviennent principalement du let's play de darkid que je remercie chaleureusement ainsi que le longplay de world Of Longplays par xRavenXP pour ce qui me manquait. Je sais pas comment j'aurais fait sans ça pour illustrer l'article...
Retourner à l'indexCommenter sur le forum
